SCÈNE IV
LES MiiMES, RAOUL.
BAOUL.
Ma mère... voici une importante nouvelle...
lA COMTESSE.
Qu'est-ce donc, mon fils?...
RAOUL
C'est une lettre qui nous arrive... Il s'agit de nos intérêts les plus chers... de noire fortune... ci peut-être du mariage de Valenline...
LUCIEN
De son mariage...
LES PAYSANS
LA COMTESSE
Ji' suis prête à ?ous entendre, Raoul ; mais il con>iciit que nous soyons seuls...
LUClES, voulani s'éloigner.
Pardon, je me retire, mail;ime...
raoi;l.
Non, demeurez, au contraire, monsieur.
TOCS.
Gomment?...
RAOUL
Il est question de choses connues de tout le pays du terrible malheur qui nous a frappés autrefois... et puisque ma famille vous honore de son estime, je n'hésite pas à \ous demander votre aide. Vous êtes de cevilliitçe, grâce à votre profession , vous connaissez niiiux qu'un autre tout ceux qui rimbitent... et peut-êlie pourrez-vous m'aidera pénétrer un mystère.
LUCIEN
Un mystère!...
RAOUL
Écoutez; vous le savez, ma mère, lorsque ce crime affreux a été commis, une somme considérable, estimée à quatre cent mille francs, je crois, uous a été volée !
TOUS
Eh bien?...
Eh bienl cette somme n'est pas perdue pour uous, peut-être...
TOUS
Il se pourrait!...
RAOUL
On m'écrit que, dans le pays où il s'était relire, le coupable n'a vécu que des secours de la charité ; sa fuite a été sans doute trop prompte pour qu'il pût emporter cet argent avec lui.
LA COMTESSE
Mais, puisqu'il est mort, quel indice peut faire retrouver cet argent?. ..
RA^OUL
Quel indice?... Mieux que cela, il ya dans ce village une personne pour laquelle le meurtrier n'avait pas de secrets.
LA COMTESSE
Comment?...
RAOUL
Une femme qu'il aimait.
LUCIEN
Qu'il aimait!
RAOUL
A laquelle l'unissaient les liens les plus sucrés et les plus chers. C'est à elle seule qu'il a pu con< fier le liru où se trouve cette fortune; c'est elle seule qui ptuirra... qui devra nous le révéler.
L'ou vous apprend le ncmi de celte femrn*?...
RAOUL, chcrcliant.
Oui, ma mère... Elle s'appelle...
LUCIEN
Elle s'appelle?...
RAOUL
Marguerite Benoît.
LUCIEN
Ah !...
VAI.EMINE.
Marguerite Benoit I...
LUCIEN, bas, tandis que Valoniiiie, le regarde avec terreur.
Ma mère!...
LA COMTESSE, bas à Valentine, en passant vivement pris d'elle.
Marguerite Benoît!... Oh! je me trompais, n'est-il pas vrai, ma fille !... tu ne peux pas aimer cei homme 1...
VALENTINE , cacliant sa tête dans le sein de la
comtesse et picutant.
Oh ! pardonne-moi, pardonne-moi I
RAOUL, h sa mère et à sa sœur.
Mais qu'avez-vous donc? quel intérêt peut s'attacher pour vous au nom d'une pareille femme? LUCIEN, avec force.
Monsieur!... cett^ femme ne mérite ni vos mépris, ni vos soupçons!... Cette femme n'a jamais été complice d'un meurtre; elle n'a jamais partagé le fruit d'im vol !.., Demandez à d'auires votre fortune perdue, car pour élever son enfant dans des principes d'honneur et de probité, celte femmi; a travaillé sans relâche pendant quinze ans 1 pendant quinze années, elle a vécu du misère et de privations, puisant toute sa force dans la prière, tout son courage dans les yeux de son enfant!...
RAOUL
Le remords à ses larmes aussi...
LUCIEN, avec force.
Ne l'outragez pas, monsieur I
RAOUL
Elle s'était donnée au meurtrier de mon père !...
LUCIEN, tiers de lui.
Ne l'outragez pas , vous dis-je , où je vengerai ma mèrel...
RAOUL, s'élançant vers lui.
Votre mèrel...
LA COMTESSE et VALENTINE.
Haoul !...
RAOUL, après un long silence.
Je me tairai sur elle, monsieur!... car si mon devoir est de l'accuser, le vôtre est de la défendre ! Séparons- nous donc, monsieur, et désormais é\ilons de nous rencontrer ; car tout ce que j'aime, tout ce que je vénère dans ce monde, vous devez le redouter ou le huir; tout ce que vous aimei , nous If maudissoii'i. rnoniieurl...