‹ [Magasin théâtralChapitre 742 sur 1545 · SCÈNE HT · texte numérisé non relu

SCÈNE HT

Les mêmes, DOMIMQUE, paraissant, les habits en désordre et avec quelques taches de. sang sur sa chemise et sur sa figure.

DOMINIQUE

Et il a bien fait, général !

KÉROUAK.

Dominique... blessé!...

LE GÉKÉRAL.

Blessé!

Oui... je porte leurs marques... Mais il y en a qui se souvienjiront des miennes... Il n'y a que ce scélérat de Pornic, que je n'ai pas pu achever... mais je le retrouverai, celui-là...

KÉROCAIir.

Mais, que s'est-il donc passé?

LE GÉNÉRAL

Voyons, parle, toi.

DOMINIQUE

Eh bien ! il s'est passé... (Il aperçoit Lucile.) Il s'est passé... que...

LE GÉNÉRAL

Qu'on a insulté ma fille!...

DOMINIQUE

Elle vous l'a dit?

EÉROUAN.

Oui...

LE GÉNÉRAL

Mais elle ne nous a pas dit pourquoi cette insulte...

DOMINIQUE

Elle n'en sait rien, n'est-ce pas?... Vous voyez bien que ce n'était pas vrai, que c'était un mensonge, une infamie!

LUCILE

Mais quel mensonge?

LE GENERAL

Quelle infamie?

KÉROUAN

Oui, ce qu'on disait...

DOMINIQUE

Ce qu'on disait...

LE GÉNÉRAL

Oui, ce que M. de Montéclain n'a pas voulu répéter à ma fille... ce qu'il n'a pas osé venir me dire...

DOMINIQUE

Pour que vous lui fassiez sauter le crâne sans vous informer de rien ?... Il a bien fait.

KÉROUAN

Mais c'est donc bien épouvantable ?...

LE GÉNÉllAL.

Ah ! tu veux donc me faire mourir...

DOMINIQUE

Eh ! bien... allez-vous-en, mademoiselle Lucile, allez-vous-en... Il y a des choses qui ne doivent pas salir l'oreille d'une honnête fille...

LUCILE

Et on en salit ma réputation !.., Mais qu'est-ce donc?

Parleras-tu?...

DOMINIQUE, a Kérouan.

Eh bien ! non !... pas devant elle... je n'oserais pas... Ah! si vous saviez !...

KÉROUAN

Il a raison, Simon... il a raison, ma fille... rentre, rentre dans la maison.

LUCILE

Mais je suis innocente, au moins, innocente de tout crime!...

KÉROUAN

Est-ce que j'en doute !...

LUCILE

Mon père...

LE GÉNÉRAL

Allez... allez... Oh! j'en mourrai.

KÉROUAN, emmenant Lucile du côté de la maison.

Viens, viens... et compte sur ton vieil ami... car je suis aussi ton ami, à toi, qui aime tant ma Louise...

LUCILE

C'est vrai, père Kérouan... (A pan.) C'est plus vrai qu'il ne pense.

(Elle entre un instant dans la maison.) LE GÉNÉRAL, à Dominique.

Ehl bien... parleras-tu, à présent?...

Voyons, que s'est-il passé ?

DOMINIQUE

Eh! ben, je me promenais tranquillement dans la foule, lorsque j'entendis parler de séduction...

KÉROUAN

De séduction !...

LA CLOSERIK DES GliiNÊTS.

UOHINIQOK.

Oui... de mystère... on nommait le marquis de Montéclain.

LE GÉNÉnAL.

Tu vois... le marqiiis de Montéclain et ma fille, n'est-ce pas?... Oh! les infâmes!..,

KtllOUAN.

Mais c'est une calomnie .'

DOMINIQUE

Certainement... c'est une calomnie.

KÉROUAN

Lâcheté toujours facile à commettre, car il luffit d'un mot, d'une supposition...

LE GÉNÉRAL

Mais comment le disaient-ils? car on n'insulte pas une jeune fille comme a été insulte Lucile sur un propos ?..

DOMINIQUE

Dame! on faisait un conte... horrible...

LE GÉNÉRAL

Un conte?...

DOMINIQUE

Dont je ne crois pas un mot, qui sera démenti, tout à l'heure... mais qui n'en a pas moins fait de mal...

LE GÉNÉRAL

Mais quel conte ?

LUCILE, sortant de la maison.

Oit! je saurai ce qu'on a dit de moi... DOMINIQUE, bas et se tenant contre Kérouan et le général.

Eh bien! on prélciid... qu'on a vu souvent M'l« Lucile... aller... là-bas, dans le taillis... à la Closeric des Genct?.

LUCILE, il part.

Je n'entends pas...

LE GÉNÉRAL

Où elle avait des rendez-vous avec M. de Montéclain peut-être!...

LCCILK

De.la fenctre de co pavillon, j'entendrai mieux. .. (Elle marche ù pas légers vers le pavillon.)

Oui... on dit qu'il y allait aussi... mais ce n'est pas tout...

LE GÉNÉRAL

Comment!...

KÉROUAN

Achève donc !

DOMINIQUE

Eh bien ! on prétend que c'est là qu'elle a caché...

(En ce moment Lucile pousse la porte du pavillon et y entre.)

LE GÉNÉRAL

Mais quoi donc?...

DOMINIQUE

L'enfant né de sa faute.

LE GÉNÉRAL

Horreur!...

KÉROUAN

Ce n'est pas vrai !

LUCILE, sortant du pavillon.

Ah ! mon Dieu !

TOUS

Qu'est-ce donc î

LUCILE

Ce berceau... cet enfant., qui donc l'a porté ici?

LE GÉNÉRAL

Cet enfant!... cet enfant... c'est le tien, malheureuse!.,.

LUCILE

Mais, mon père... c'est... (A part.) Ah! Kérouan! Pauvre Louise!...

LE GÉNÉRAL

Tu ne réponds pas!... Ah! misérable!... toi aussi tu m'as déshonoré... Tiens... tiens... (H prend ses pistolets.) Mcur.', infâme!

DOMINIQUE, courant sur lui.

Arrêtez !

KÉROUAN, se plaçant devant Lucile.

Simon... tire donc sur moi !.,.

LUCILE

Oh ! mon Dieu, il me croit coupable!

(Kllc lombç évanouie."

FIN DU DEUXIEME ACTE

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