‹ [Magasin théâtralChapitre 753 sur 1545 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LOUISE, LUCILE, et d'abord M.\DELINE.

LUCILE

Je te trouve, enfin !

LOUISE

Lucilc... Lucilc.... tu sais... tu sais tout!...

LUCILE

Laisse-nous, Aladolinc.

MADELINE

Oui, mamselle. (Ln sortant.) Ah ! mon Dieu ! qu'est-ce que ça veut dire ? (Elle sort.)

LOUISE

Tu sais que mon përo a envoyé mon pauvre enfant à la ferme... ïu sais qu'il a eu pilié de lui?...

LUCILE

Oui... oui, ton péve a éti bon pour moi... Il m'a défendue...

LOUISE

Toi!,., (oil... cl pourquoi?

LUCILE, tombant sur le canapé.

Ah! j'ai cru que je ne t'atteindrais jamais...

LOUISE, s'asseyanl prés d'elle.

Tu me cherchais?

Oui, pour t'avcrtir, pour te dire que moi je ne l'abaiidoiinerai pas... mai-; (lue tu dnis loniijicndre (|ue je ne puis me taire plus long-tomps... Si ce n'était que moi, va, je saurais nie mettre au dessus d'une calomnie...

LOUISE

D'une cainmilic !...

LUCILE

Mais je no peux pas laisser souffrir mon père comme il souffre... Tu me [tardonneras... mais je ne peux pas risquer ses jours pour te sauvtr...

LOUISE

Tour me sauver?.,. Ah ! mon Dieu !... mon Dieu!... Mnis qu'ot-ce donc (|u'on nu; dit?... Je niî sais plus je ne rom|irends plus,

LUCILE

Louise... ma pauvre Louise ; mais pouiq'ioj Hune «lu venue?... el qucl'a-l on dit...

LOUISE

Mais je suis venue... parce qu'on m'a volé mon enfant!... parce que j'ai couru toute la nuit comme une folie... le cherchant... l'appelant... perdue d.ns le bois et dans l'obscurité, ju.squ'au moment où , avec le jour qui m'a montré ma route, une espérance m'est entrée au cœur; c'est que loi qui t'étais fuilc sa niére, lu devais savoir où il est... et je suis venue le le demander à loi... à toi, ma sœur...

Et tu ne sais rien de plus?...

LOUISE

Rien !.,. si ce n'est qu'on vient do me dire que Dominique a porté un enfant à la ferme,., que mon pcre m'a dit d'eu prendre soin... que Madeline me l'a répété... que... 3Iais pourquoi trembles-tu comme ça ?

LUCILE

Ah! pauvre Louise!... pauvre Louise!... je comprends tout maintenant!... Ah! béni soit Dieu que leur erreur ait duré jusque-là I...

LOUISE

Leur erreur ?...

LUCILE

Louise, ma bonne î.oui^e, écoute-moi... el ne t'épouvante pas...

LOUISE

Qu'as-tn donc à me dire, que tu pleures?... Est-ce qu'il est mort ?...

LUCILE

Non ! mais hier, à la fête... il s'est passé quelque chose d'affreux!

LOUISE

A la fcte!... C'est vrai, Modeline m'a parlé tout à l'heuie de la fête.

LUCILE

De méchantes gens ont parlé de la Closeric des Genêts...

Ah ! mon Dieu...

LUCILE

On a accusé quelqu'un.

LOUISE, .'ic levant éperdue.

Ah ! miséricorde, je suis perdue!... C'est donc pour ça que M. de Alonléclain m'a éloignée!... Ainsi on a publié ma honte... on m'a accusée. .

LUCILE

Non pas loi... ma pauvre Louise...

LOUISE

Pas moi?... pas moi?.,, mais (|ui donc?...

tUCII.E.

Celle que les aiiparences acrusaienl pcul-circ plus ([lie loi, celle cpii allait souvent dans la ferme où..,

LOUISE

Toi,., toi!... c'est im|K).-siblel

LUCILE

C'est vrai cependant...

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