SCÈNE IV
LUCILE, ALY, KÉROUAN , IJADELINE, LE GÉNÉRAL, DOMINIQUE; des Paysans, armés de torches.
KÉROUAN, en dehors.
Tenez la rivel... tenez la rive !...
LUCILE, revenant à elle.
i*ar ici!... par ici!...
ALV, entrant.
Ah! c'est elle!...
KÉROCAN, accourant avec toni le monde.
Ma fille!... ma fille!...
ALY
Non, mon père... c'est Lucile...
LE GÉNÉRAL
Lucile !...
ALY
De l'eau ! de l'eau!... elle est évanouie!...
MADELINE
Je vais en chercher...
(Elle disparaît sous lessaules du fond.) ALV.
Mais j'en suis sûr, j'ai entendu la voix de Louise.
EÉaOUAN.
Oiicst-cUeî
LA CLOSBBIE DES GBitÊTS.
LUCILE
Je ne sais pas.
KÉROUAN
Ah! malheureux!...
BIADELTNE, en dehors, poussant un cri.
Ah L . . ( Elle rentre rapidement.)
TOUS, remontant la scène.
Qu'ya-t-il?
MADELINE, avec épouvante.
Là-bas... au sommet de la roche Brune... voyez-vous cette ombre?...
TOUS, regardant au loin vers la gauche. Une femme !...
LE GÉNÉRAL
Louise, peut-être!
KÉROUAN, qui a monté sur le pont.
Elle s'arrête...
ALV.
Elle se meta genoux!... demeurez...
(Il se glisse le long du bord et se jeue i la nage.) MADELINE.
Elle prie...
KÉROUAN
Silence!.... je vois Aly qui approche.
LE GÉNÉRAL
Miséricorde! la voilà qui se lève.
DOMINIQUE
Ab! le voilà!...
LUCILE
Elle l'a vue !...
(Le bruit d'une chute dans le lac se fait entendre.)
TOUS, poussant un cri.
Ab!
LE GÉNÉRAL
Dans le gouOTre!...
DOMINIQUE
Aly saute après!... Courage!... courage, gai s!...
KÉROUAN, tombant à genoux.
Mon Dieu ! mon Dieu ! me les prendrez-vous tous deux!...
DOMINIQUE
Ab! tonnerre! elle a disparu I...
KÉROUAN
Obi je mourrai avec eux... ou je les sauverai!... (Il veut s'élancer.) LE GÉNÉRAL, le retenant.
Arrête, mon ami! Kérouan!...
DOMINIQUE
Tenez-le bien! Si quelqu'un peut les sauver, c'est moi!... (Il disparaît un moment.)
KÉROUAN, au général qui le tient toujours.
Laisse-moi!...
DOMINIQUE, rentrant avec Aly.
Voilà ton fils, Kérouan. .
ALY
Pardonnez-moi, mon père, d'avoir manqué de force pour la sauver.
Ab! Dieu t'a conservé à moi... Dieu est bon. . mon fils... Dieu est juste I... (Il l'embrasse.) Mais Louise J î-"'*jfie !
LA CLOSERIE DES GENÊTS
LUJuuijmQ>)Ui3uorcouuuycr]"tJ0nn«nrrririnnln-r~~-~'"~*~'~'~'"°^'°~^°'"
SCÈNK V.
Les Mêmes, GEORGES.
GEORGES, accourant.
.Mon pére !... Kérouan'... Louise !...
TOCS.
Lui !... Georges!...
GEORGES
Mon pére! nous soînmes sauvés 1... M™e de
Beauval ne mérite plus que nos mépris; ce nom
n'émit pas le sien... ce mariage est nul... et Louise
siT?. a moi!...
KÉROCAK, allant à lui.
. ironise? Louise?... Va voir, misérable, ce cadavre que l'on vient d'arracher de l'abîme.
GEOBGES.
Louise... merle!...
Oui, morte... morte parce que vous l'avez ailiiéC; parce que vous l'avez trompée... (Donnant à «<n père les deux épées qu'il avait apportées.) Mon lierc, c'était ici le lieu du combat...
LE GÉNÉRAL et TOtS.
Que dit-il?
LE GÉNÉRAL
Kérouan !... Kérouan, après quarante ans d"amilié, ton fils et le mien... mais c'est impossible!...
KÉROCAN, avec énergie.
Louise est morte!...
LE GÉNÉRAL
Kérouan, c'est un combat sacrilège!
KÉROUAN, de même.
Louise est morte déshonorée, perdue.
GEORGES
J'ai mérité la mort; tuez-moi donc... je ne me défendrai pas.
ALY
Après avoir déshonoré la sœur, voulez-vous dune déiîhinorcr le frère, voulez-vous donc que je \(mi assassine ?...
GEORGES
Donnez-moi «lonc une arme. [.\ son pire.) Mon ])erc . il faut en finir...
LE GÉNÉRAL, bas, fl'une voix ireinblanlc, à son GK.
Défends-toi du moins, malheureux, défendstoi!..,
KÉRQIJA?(, donnant une des épées à Georges et l'autre .'i .'My.
Voici le.s éfiées de vos pères...
UOMIMyCE.
Mais d) ne peuvent s'éf^orser ainsi dans la nuit!...
KÉROCANf arrachant une torche des mains d'un des paysans.
Lh bien!... jeclairerai le combat... (A Aly.) Louise est morte. . tue-le!. .
LUCILE, tombant aux pieds du général, et cachant sa tétc dans son sein.
Mon pére... mon père!...
LE GÉNÉRAL
Apprends, enfant, ce que coûte l'honneur d'une femme!
(Les deux jeunes gens combattent. On entend les cris: Arrêtez 1 arrêtez!)
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