‹ [Magasin théâtralChapitre 846 sur 1545 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

M-^e PASSAGER, FÉLIX, BUCHOT.

mme PASSAGER, du dehors, à gauche.

Qu'est-ce qu'il y a ? (On frappe encore.) Ne lirez pas le cordon, père Froteau ! ce sont de mauvais garnemens ! (On frappe encore, elle entre en .scène en camisole, avec un costume de nuit.) Ah ! les scélérats... ils vont enfoncer la porte !... Faire un bruit pareil à quatre heures du matin...

(On frappe de nouveau.)

BUCHOT, en dehors, à droite.

Hé! père Froteau , ouvrez !

M"^ PASSAGER, à la porte de droite.

Ah! c'est cet enragé de onzième année,.. Ouvrez, père Froteau... il casserait tout!

(On entend tirer le cordon.) FÉLIX, entrant avec des épées, à la cantonade. La première fois que ça vous arrivera, père Froteau... (A M"» Passager.) Vous commanderez une porte neuve.

sime PASSAGER, courant à la porte 5 droite du passage où l'on voit Buchot qui va monter l'escalier. Où allez- vous donc comme ça, m'sieur Buchot?

BiCHOT, entrant en scène.

Nous allons chez Olivier.

Mine PASSAGER.

Il n'y est pas.

FÉLIX

Comment... il n'y est pas ?

BucnoT.

Impossible! il y est... Ah ça ! mère Passager, ne plaisantons pas de si bonne heure... Olivier est chez lui... il doil y être.

lime PASSAGER, allant îtu fond et ouvrant les voleis.

Je vous (lis qu'il n'y est pas.

FÉLIX

Je m'en doutais, il a nié.

BUCHOT.

Veux-tu te taire... Sommes-nous donc en retard ?(Jl va pour consulter t a montre.) Ah ! pardon, j'oubliais... Quelle heure est-il à ma montre, s'il vous plaît, madame ma tc.ite?

M'"e PASSAGER.

Il est quatre heures.

FÉLIX

Nous sommes d'une heure en avance, donc, lu comprends...

BUCHOT.

Eh non ! je te dis que ça n'est pas possible, il y est... il ne serait pas sorti. Je monte à sa chambre, et je le ramène; et quant à vous, madame Passager, lAchez de m'avoir fait monter pour rien .. Viens-tu ? (Il sort et monte.)

Tu peux monter tout seul... (A lui-même.) J'en suis siir, il n'y est pas... C'est un sournois...

Mme PASSAGER.

Qui n'avait pas le sou... Ah! vol' m'sieur Buchot peut grimper les six étages, il trouvera les quatre murs, un lit et une chaise.

FÉLIX

Alors, ça vous fait une chambre élégamment meublée à louer?

M°'« PASSAGER

M. Amadis Piconneau y entre aujourd'hui même.

FÉLIX

Je vous croyais au plus mal avec lui.

mme PASSAGER.

Nous nous sommes retrouvés à la sortie du bal.

FÉLIX

Infortuné Piconneau !

BUCUOT, renlrani.

C'est vrai, il n'y esl pas.

FÉLIX

Quand je te disais...

BUCHOT.

Mais à quille heure est-il sorti ?

ACTK V. SCÈNE 111.

M>nc PAàSAGlili.

Ah!... il osl soili quand il a voulu... Pour ce gu'il me payait, je ne l'ai pas retenu.

BCCHOT.

Comment avez- vous dit?

M^e PASSAGE».

Je dis qu'il est sorti quand il a voulu.

BCCHOT.

El même plus tôt qu'il n'a voulu, peut-être ?

FÉLIX

Que veux-tu dire?

BUCHOT.

Rien, mais vois-tu, Fé'ix, il y a quelque chose là-dessous, je connais la sensibilité de M"e veuve Passager... Reste ici pour attendre Olivier qui reviendra, je l'espère; quant à moi, je vais tâcher de le découvrir... Il me dira à quelle heure il est sorti, entendez-vous, madame Pa.<sager? Je ne vous dis que ça pour le moment... Et si je ne me suis pas trompé, je viendrai vous dire le re.ste.

(Il .'OU.)

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SCEiNE II.

Mm» PASSAGER, FÉLIX, puis le CHIFFONNIER.

M™» PASSAGE»

Qu'est-ce qu'il a donc? est-ce qu'il croit me l'aire peur? est-ce que je ne suis pas maîtresse chez moi ? Croyez-moi, monsieur Roycr, vous avez tort, vous, un jeune homme , qui commence de fréquenter un garnement comme ça...

FÉLIX, d'un air courroucé.

Comment, un garnement comme ça! Parlez avec plus de respect d'un doyen de l'école... Si vous étiez un homme...

(Le chiffunnier est cnlré par le fond.) LE ClliFFONlNiEK, tris bien vèiu.

Pardon, madame !

jinio PASSAGElî, aigrement.

Qu'est-ce que c'est!'... (Avec une révérence.) Que désire monsieur?

LE CHIFFONNIEU.

Je viens de chez M. Roycr.

FÉLIX

Ilcin ?

LE CUIFFONMEi;.

Je ne l'ai pas rencontré.

FÉLIX

Je crois bien, je n'y étais pas.

LE CUIFFONMEi;.

On m'a dit que je pourrais le rencontrer ici.

FÉLIX

On vous a dit juste, monsieur, car me voilà.

M"ie PASSAGER, bas, à Félix.

Mais peut-être que ce n'est pas...

FÉLIX, poussant M'"'' Passager du côté de sa cliainl)re.

Madin)e Passager... ce n'est pas vous qu'on demande.

Bime PASSAGF-U.

A votre aise; mais lâchez de ne pas réveiller les locat.iires... Ah ! mauvaise tête... Quatre heures du malin. (Elle sort.)

eo9oeG>ov'vooOk>3oeooeooe<«cciooQ9aQoc«occoco90eo9eeQeeG3scociQ oo<.K>tio

scèlne iir.

FELIX, LE C[IIFFONNIER.

FÉLIX, à part.

C'est sans doute un témoin du grand Royer.

LE CIIIFFONMEK, à part.

S'il est tel qu'on me l'a dépeint, je l'amènerai aisément à ce que je veux, sans qu'il sache quel ennemi il va avoir à combattre.

FÉLIX

Nous sommes seuls , monsieur, cl je vous étM)ule.

LE CHIFFONNIEU.

Monsieur, vous pas-^cz pour un duelliste terrible ?

Mo; ?

LE CHIFFONNIER

Oui, vous!

FÉLIX

Mais z'ouiîmais z'oui! monsieur, quand on me cherche, on me trouve, et quand on me déplaît, c'est moi qui vais chercher.

LE CHIFFONNIEU.

Tréi bien ! Vous passez aussi pour un des plus habile-i tireurs de l'école?

FÉLIX

Mais z'oui , système Grisier, monsieur, jeu ."^eiré... le jarret ferme, l'œil calme, la main rapide... une, deux...

LE CIIIFFONISIER.

Très bien ! Vous avez acquis une réputation pur vos querelles nombreuses?

FÉLIX

Ça commence, monsieur, ça commence; muis où voulez-vous en venir?

LE CHIFFONNIER

Je veux en venir à vous dire que cette réputation me déplail.

FÉLIX

Qu'esl-ce que c'est que ça ?

j'en veux venir à vous dire, qu'il est temps que quoiqu'un vousdonne une leçon et rabatte vos pplils airs vodomonts.

UiS ETUDIANS,

FÉLIX, furiiiix.

Mes petits airs!... Et c'est à moi que vous parlez? et c'est vous sans doule qui vous êtes proposé de me donner celle leçon ? -

LE CUIFFONSIEll.

Moi-même et à l'instant,

FÉLIX, prenant ses épées.

A linstanl; soit !

LE CUIFFONMIEB.

Je savais que vous aviez vos armes ce matin ! ( .Montrant une épée cachée sous sa redingote. ) Quant à moi, j'ai la mienne,., des témoins, nous en trouverons... Marchons.

FÉLIX qui a rédéclii.

Non, pas possible... dans une heure, j'attends ici quelqu'un pour affaire du même genre.

LE CHIFFO>'MEK, il part.

C'est bien cela.

FÉLIX

Mais aussitôt après...

LE CHIFFOSNIKK.

Ah ! vous reculez,..

FÉLIX

Je recule?... il dit que je recule!... Ah: mille tonnerres, si ce n'était cet Olivier...

LE CHIFFONNIER

Oui, je sais... un pauvre garçon que vous avez insulté hier, parce que vous comptez sur votre adresse et son ignorance des armes... Je vous dis, monsieur, que vous n'êtes qu'un fanfaron.

FÉLIX

Un fanfaron, moi... et vuilà deux fois qu'il me ledit: (A lui même.) Ah! hast, nu diable! Les autres se battront sans moi. (Haut.) Suivez-moi, monsieur.

LE CHIFFOS.MER.

Venez donc, monsieur Royer d'Orilly.

FÉLIX, à part, et s'arrètani.

Royer d'Oriily!

Lie CUIFFONMEII.

Et je vous montrerai comment on corrige les bretteurs de votre taille.

FÉLIX, à |)ari.

Ah! ceci est pour moi, et (iu;int au grand Uoyei, il m'en a assez piis, tant pis pour lui... je lui prendrai celui-là.

LE rilll FoiSNIF.ii, (|iiiebi allé au fond, ù part.

(iraiid Dieu: voilà Olivier qui vient... (llaui,ù léiix.) Je vous attends monsieur., est-ce que vous a\ez peur?

Ah! c'c^t ce (juc je vais te montier au bout de mon épée... à (juatre pas... là... là. . Viens, la rue est dé.sertc... suis-moi!

( Félix s'élance par la porte Uc l'allée ; le chirTonuier,

resté nu moment en arrière, jette un coup «l'œil

vers. la porio <lu ruiiil en s'écrlanl : )

I K cniFFONMEII

tiidn '

3 POCOO<.0»aQQCgC^QOQOOOPOOOOQOQO«OOgOOOOOOOgaOOOOO

SCtiNE IV.

BUCHOT, OLIVIER, arrivant du fond,

BL'CHOT.

Reste là un moment, et laisse-moi faire.

OLIVIEB.

Oi'i vas-tu ?

BUCHOT.

Sois tranquille, tu vas le savoir tout à l'heure. (Il sort par la porte à droile et monte l'escalier. ) OLIVIER, seul.

J'ai pu m'échapper de la maison où mon père nous a conduits... pendant que ma mère et ma sœur cédaient enfin au sommeil... A leur réveil, un mot leur dira pourquoi j'ai dû les quitter... Oh I qu'elles dorment, mon Dieu î jusqu'à mon retour, si je dois revenir... Et maintenant je le voudrais, niainlenant, je voudrais vivre... (On entiMil im bruit de sonnettes et de coups frappés à dillérentcs portes. ) BLCUOT, en dehors, sur l'escalier.

Debout! debout! à la garde.., au feu! à la veuve Passager !

mme PASSAGER, sortant de sa chambre.

Ah! mon Dieu, qu'y a t-il encore?... (A Olivier,) Vous ici, monsieur!

OLIVIER

J'attends quelqu'un, madame, et je me retire.

BUCHOT, de même, en dehors.

Il n'y a p^s besoin de se faire la barbe... Oh ! branle-bas général; descendez !...Tout le monde en haut ! voici le grand Royer !

TOUS, dehors.

Royei ! Royer !

M""'' PASSAGER, épouvantée.

Mais qu'est-ce que ça veut dire? Est-ce (jue les Cosaques ont envahi ma maison?

PICONNI'.AU, ariivaiii avec un porle-nianteau par la porte du fond.

,\h : bonjour, mamc Passager, selon nos conventions d'hier soir, j'arrive, me voilà !... J'étais pressé de me trouver dans une maison tran;|uille. ( Le bruit redouble. ) Rinic PASSAGER.

On me pille... on me vole... A la garde! HOYER, entrant avi-c liurhot par la portcde l'escalier. Quoi! est-ce possible!... elle les a chnssé.s?...

BUCIIOT.

Oui. oui... { Montrant Olivier.) Tiens, dciiiandc-

Ic-lui !

(il.lMER s'avançînt

Je vous attendais, monsieur.

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