‹ [Magasin théâtralChapitre 852 sur 1545 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CLINTON , CABESTAN, Jeunes Gens, CAVALIER.

CABESTAN, jouant.

Pour moi... pour vous... carte double... Je fîi!^;nc cinquante louis... Qui les veut? Ah 1 c'est un terrible jeu que le lansquenet .. c'est ce (ju'ii y a (le plus nouveau à Paris... 11 y a deux cents ans qu'on ne le joue plus... Eh bien! mes cin- (|iiantc louis?

CLINTON, à part.

Comme ce nègre me regarde, ne n )us faisons pas remarquer.

CABESTAN

Eh bienl mes cinquante louis...

CLINTON

Banco... je les prends. (Cavalier parait.)

CAHESTAN.

Toi, Gaspard!... (A pan.) Bien !... (Haut, continuant de jouer.) Pour moi... pour loi 1...

CLINTON

Les trois pour moi...

CABESTAN

Oui!... (Il tire les caries.) Cc>l Ion;;'... Pour toi... Tu asgagi'.é... ù Ion tour!

CAYALIEK, b'avançai:t.

Que fdis-lu 1.1, Gaspard;'

CLINTON

J'nllends l'arrivée de ?,!. l'o^badi.

CAVALIER

Tu allciids mal.

CABliSTAN.

Eh! c'est notre ami Cavalier. Toi., dans une maison où va se donner une brillante fêle?...

CAVALIER

Je ne pense pas que le maître de la maison soit encore arri\é.

CABESTAN

Non , mai.- j'ai hàlc de le \oir... Un pauvre matelot, parti il y a (juinze ans, avec trente .sous de capital, i;:i5.saiil à la porte du couvenldeSainl- Vincent une pauvre petite fille, la sienne, parbleu! qui serait morte de faim cl de froid sans la charilé des bonnes sœurs... et ipii, après ces quinze ans d'absence, revient, dit-on, riche à millions... (Il joue.) Pour moi... je n'ai jnnjais vu ça que dans les romans et les comédies, et je ne serai pas fâché de le voir en réalité.

CAVALIER

Piiche à millions, dil-il!

CLINTON

Ilélas! oui. Cavalier... Meta n'est plus la pauvre enfant abandonnée pour laquelle mon amour pouvait êlre une protection... c'est une riche héritière.

CABESTAN, prenant l'argent.

Eh! oui, une de ces héritières qui, si elles ont de l'ambilion, peuvent choisir à leur fanlaisic entre quelque marquis déchu de la vieille noblesse, ou un comte de l'empire menacé de Sainte -Pélagie.

CAVALIER

Ne l'as-tu pas vue?

Elle vient d'arriver de son couvent, et s'est retirée dans son appartement, pour y allendre riicure (lu débarqiicincrit de son père.

CAVALIER

El lu es venu l'allendre aussi?...

CABESTAN, se kvant.

Comme toute la ville... Le vieux matelot n'y a pas mis tant de façons... Il a fait annoncer son re tour ù son de trompe, comme .s'il s'agissait d'un chien perdu... invitant tous les liabilansde Paim- Lœufà assister à la fête qu'il allait doimer... promettant libéralité aux pauvres, plaisirs aux riches, bon accueil à tous... Je suis verni... lu es venu., il est venu... ma foi, nous sonnnes tous venus. (Les joueurs se lèvent et soitcni.)

CAVALIER

C'est bizarre.

CLINTON

El c'est pour cela, Cavalier, que je suis iri... car il est possible de réussir avec un tel homme, en lui disant : « Monsieur, j'aimais votre fille quand elle élail pauvre et abanduniu'e. et je lui ai ofi'oil ma modeste fiulune,.. rh ! i""n 1 je \ioii^

Page 1