CABESTAN, CLINTON
CABESTAN, ù liii-mt'rae.
llum! je vais me rléfier de toiU le monde... Atlenlion.
tLINTOX.
F.h! c'est loi, Ciibcslan... Esl-ce que lu es devenu agent de change?
CABESTAN
Pas encore.
Courtier?
CABESTAN
Plus tard.
CUMO>.
Que fai.s-tu donc ici ?
CABESTAN
Je suis marron... je fais la coulisse... et je carotte sur les primes et les rcporls.
CtlNTON
Encore cet nviiui incompréhensible... Cabestan, je veux faire fortune.
CABESTAN
Moi au.s.si î
Je le comprend.»... Mais écoule... j'ai pour cela de» moyens que lu ne peux avoir.
Il csl cert.iin que lu as une capacité, un génie...
CLINTON
Trêve de complimens... Je possède, te dis-je, des moyens qui dépassent loulc croyance. CABrsTAN, à pan.
Si je ne viens pas à son aide, il va s'embrouiller, même avec moi. MIaut.) Je ne le demande pas les i^ecrels de le-; moyens, dis-moi seulement ce que lu préleni!< f.ure?
f.l.lNTON.
Kli : mon Dieu .' je n'en sais rien... Jamais je n'ai pu comprend: e un mot de vos affaires de prime, de repoils, dont un... de fin courant... de hausse, de baisse.
CABESTAN
Ator;, écoulc-nioi?... (Lui montrant un Joueur qui cinrfî j gauchi;, y Ticiis, vois-lu ce gros homme il l'air il lourd cl si empalé?.., Eh bien! c'csl le roi des aljjrcnnii... Ou je le connais mal, ou II a dan» !ia poche quelque nouvelle imporlantc, faune ou vraie, avec Inquelle il ppul changer le cours de lu Bourse.
CLINTON, 2i part.
(lelle nouvelle, je la saurai... ou ce lorgnon me tromperait. 'Ilani.) Je comprend.* cela... Mais ConmienI ptJiirrai-je me .cuir île eellp |lollv^ll«'?
CABESTAN
Tiens, recarde eiicoieV... 'Lui inoutiani un autre jciiieiir veii.int du toté droit.) Vois-tu là-bas ce malheureux vieillanl, qui porte sur son visage les traces de la n)isére qui l'accable ?... Eh bien ! il a dans sa porhe pour hois cent mille francs de renies de la république de Niagara, qu'il a payés, Il y a trente ans, de toute sa fortune.
Cl INTON.
El il e.Nl pauvre ?
CABESTA>.
I.n iép!tbli(|UP a fait banqueroute, il y a vingt (Uis, les républiques y sont sujettes, et ces trois cent mille francs ne valent pas trois cents sous.
CLINTON
Quelle affaire peut-on donc tenter avec un pareil honimc?
CABESTAN
Le voici... Je suppose que l'aigrefin sache avant ce misérable que la république du Niagara veut ou peut payer., l'aigrefin achètera ses rentes au pauvre diable, pour un morceau de pain, et les] revendra une heure apré.s, à leur valeur réelle.
CLINTON
Mais c'est simple comme bonjour!
CABESTAN
A condition qu'on sera dans leseiret de l'aigrefin.
CUNTON.
C'est mon atïaire.
CABESTAN
Va donc le liouvcr... Dépèche-toi, le voilà qui s'éloigne...
CLINTON, h part.
A moi, mon lorgnon.
(Il va vers l'aigrefin, et cause k»i.)
SCKNE IIL Les .Mêmes, CAVALIER, PETRU9.
CAV.vi IKII, ;i Petrus.
<i'est ici, mon br.i\e homme; mais j'ai bien peur que \ous ne trouviez pas grandehose de \os Irois millions de papiers.
PETIttS, ù part.
Imbécile que je suis ! au lieu de prendre du boo Argent,..
CAVAMKIt.
Allc7.,. voyo7.
CABESTAN, fi part.
Eh! c'est Cavalier. . avec un diûlc que je connais... un voleur de haute volée... Ah CQ ! est-ce que noire honnélc homme voudrait marcher sur mes brisées? Ce serait drôle.
CAVALlhn.à part.
Je n'ai plus liP<oin de m'en mêler... Cabestan fera le reste.
ACTK IV, PIUlMJIlU TABLEAU. SCÈiNli IV.
CLINTON, retenant.
Ah ! Cabestan, quelle nouvelle !
Qu'as-tu donc ?
CLINTON
En vérité, on dirait que tu vois à travers les l>oches... (A part.) Comme moi, avec mon lorgnon.
CABESTA>.
C'est de la perspicacité.
CLINTON
Ce que tu supposais est arrivé.
CABESTAN
('omnicnt! la république ds Niagara paie?... Tu veux dire qu'elle promet de payer.
CLINTOV.
Mieux que cela... elle vient do céder tout son territoire à l'Angleterre, à la condilion quclAnjjleterre paiera ses dettes.
CABESTAN
L'Angleterre en est bien capable... M^is alors. comnienl n'as-tu pas couru après le inallicureux que je t'ai montré ?
CLINTON