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DEUXIÈME JOUEUR

Tu es fou, le cinq est à ccnl vingt.

CABESTAN

Je crois à la conversion.

CAVALIER, entiant.

C'est la seule à laquelle lu crois, sans doulc?

CABESTAN

Eh! c'est mon ami Cavalier, se montrant à citl ouvert... Blanc comme suis àtno... Bonjour... bonjour.

CAVALIER , bas ù Cabestan.

Hélas ! mon pauvre Cabestan, je suis fâché de notre rencontre d'hier , d'autant mieux que je crains d'avoir un peu dcleiut sur loi... 11 me semble que tu as là deui ou trois petits noirs...

CABESTAN

Tu me le paieras.

CAVALIER

La cravache n'est pas perdue... El que vienstu faire ici?

CABESTAN

La même chose que toi... attendre Gaspard.

CAVALIEU.

D'où sais-tu qu'il va venir?

CABESTAN

D un mol échappé à sa colère.

CAVALIER

Et lu crois à ceux-là?

CABESTAN

Je crois toujours aux mauvais premiers moiivemens. Il veut devenir riche.

CAVALIER

Mais je ne vois p;is de n;ai au désir (ju'ii a de «'cniichir.

CABi;STA>'.

Ici, à !a Bourse?... mai* t'isl mon domaine. Cavalier. Fausses nouvelles, biuiU fâcheux, révolutions ii.vcnléc?, (!i\idendes mciileiirr;, actions «uf de« hduille? im.igi!!air?s. rréanct's pt^rimoes,

droite et i gauilie. — Des joueur^ foimeni des groupes, d'aulreî se promânciit.

brevets d'invention qui décorent du nom de bougie ce que nous appelions autrefois chandelle... emprunts étrangers dont on paie les intérêts sur le capital, jusqu'à ce qu'on ne paie plus nicapilal ni inlércls... mais toutcela m'appartient.

CAVALIER

Tu es trop modeste, Cabestan , et le changeur qui bourre de piomb les lingots dor qu'il livre au commerce, et le commissionnaire qui vend au comptant, à vingt pour ccnl de perte, les marchandises qu'il a achetées à crédit, en réalisant quatre-vingts pour cent de bénéfice, car il palpe l'argent et ne paie pas ses effets.

CABESTAN

C'est assez distingué, je m'en vante.

CAVALIER

El le filou qui coupe ICi bourses, le voleur qui force les caisses, le faux-monnayeur qui trompe le pauvre, le faussaire qui ruine le riche... l'escroc qui dépouille tout le monde...

CABESTAN

Pas si haut. Cavalier... il sont tous de ma famille, je le sais... mais je suis un peu aristocrate., je n'aime pas le vol qui mène en cour d'assises.

CAVALIER

Oui, parceque tu sais que, tout égaré qu'il est, Gaspard est incapable de descendre jusque-là.

Oh ! oh.' on ne sait pas où peuvent mener de mauvais commenccniens.. Mais, pour le moment, ce n'est pas mon alVairc... Aiela n'aimerait pas un fripon... et c'est l'amour de Meta pour Gaspard, et leur perte à tous deux qu'il me faut... cavali!:r.

Eh bien ! je le permets de l'enrichir.

cabestan.

Bah; ne sais-tu pas que la riches.se inspire les mauvaises pensées?

cavalier.

Oui , mais je sais aussi que la pauvreté est une mauvaise conseillère.

cabestan.

"Mais si je l'enrichis par une méchante action...

CAVALIF.n.

Mais si je la rends bonne ?

CABESTAN

C'est ce que nous allons voir... Le voici l

CAVALIKR.

C'^«t moi qui lui ai conseillé dé venir ; et, peur

LES TALISMANS

le montrer jusqu'à quel poliil je le nu-prise, je te l'abandonne. (Il s'éloigne.)

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