ACTE IV. PREMIER TABLEAU, SCÈNE IV
CABESTAN, à part.
Voilà cent mille francs que je gagne.
FoiiBACH, à Petrus.
Mais ce misérable Gaspard., il a osé me provoquer... je lui apprendrai...
PETBUi.
Je ne veux pa«.
FORBACn.
Ah ! ce sera donc toi par qui je commencerai !
PETRIJS.
Ça sera difficiic... Si tu m-, suis, je te dénonce; un geste, et je parle; un mot, et je dis tout.
FOUBACII.
Je le retrouverai,
PETnus.
Où ça?. . chez moi?... J'en ai pas.
(Il son par le cb'.é droit.) lORBACU.
Il faut que j'en finisse avec ce Felrus, et surtout avec ce Clinton.
(Il sort par le cà;é gauche.) CABESTAN, à Cavalier.
Dis-moi lequel des deux est le plus horir.cle ?
CAVALlEli.
(/est à-dire lequel est le plus voleur ?
CABESTAN
Ça veut dire la même chose.
PUF,.«IEU JOl'EVM.
Soixante dix !
C'est inoui... ça monte toujours.
CAVALIER
Eh bien I Cabestan, lu vois, le vidià riche.
CABESTAN
f/1 me va.
CAVAr.lER.
Que penses-tu donc qu'il va faire de sa foi lune"?
CABESTAN
Tiens... demande le lui.
CLINTON , à liii-mciiie.
Riche!... riche!... plus riche que je lii' pouvais l'efpérer... voilà la vraie puissance. Ah! Meta... Meta... vous aliczenfin me payer votre abandon I
CABESTAN, à Ca«alicr.
Tu vois...
CAVALIER
Oui, l'ivresse de l'or est dangereuse.
CABESTArr.
Plus que tu ne crois.
CLINTON, à un groupe de jouenrs.
Mesiieurs, je vous invite tous à un spleiidide festin .. Demain, venez tous chez moi, et je vous promets une aventure dont je veux que le scandale amuse Paris el l'épouvante.
Que prétends-tu donc?
CLINTON
Demain j'aurai enlevé .^!eta... demain je la
mettrai en face de tous ces hommes que je viens
d'appeler chez moi... demain, en la livrant à leurs
risées, je me vengerai de tout ce que je soufTre
depuis un an. A demain, messieurs... à dcuiaiu.
(Il sort. — On ciuend la cloclie, cl tous les jo;;e;irs
dispar.iissent.)
CABESTAN, à Cavalier.
A l'jn lour, qu'en dis- lu 1
CAVALIER
Ah ; lu l'as bien travaillé.
CABESTAN
Kl lu as été assvz niais puur l'enrichir... tu as remplacé les talismans inutiles (juc je lui avais donnés, par une puissante (|ui domine toutes les autres... Mais lu ne sius do:!c pas que l'or est le grand moteur de ce monde?... que politique, guerre, amour... il commande tout, mène tout... fail marcher à lui seul les mille rouages de la sociélé?...
CAVALIER
Oh ! oh ! oh! que de grosses phrases pour dire si peu de choses!... El, pour le répondre dans ton style , ne sais-tu pas , grand orateur, que le moindre grain de sable, jelé dans les rouages de la plus puissante machine, rempéchcdc marcher?
Quand elle ne l'écrase pas.
CAVALIER
Chaufl'e donc la machine. Cabestan... marchons à toute vapeur... déploie tout ton génie... Je me ferai grain de sable.
(lu «ertf.ïl. ot le décor change à Tue.)
r.hS 1 ALJ.^MANS.
Le lliéàtrc ropréentc uin: mais ni qiii avanco. jusqu'au bord de la scène. — Le rez-de-chaussée esl divisé de manière à laisser voir, au c nlrc , 1» vi.ùio de la porte cochtre, qui se trouve au fond sur la rue. — A gauche du spcrtaicur, la loge du poriitr. -- A droite, le vestibule d'im gr.ind escalier. — Au premier, on >oii un salnn avec trois croisées, m\ U\:i\, qui ouvren! sur les Champs-Elysées, et une porte 5 droiic et à gauche, une table auiuili" r. — Deux ilc rrs crois<1es sont garnies de barreaux de fer, la troisième, celle du milieu, estlil-reet onvcite, et 1,'issc vi;r imeé'Ji'Heel un échafaudage sur lequel est un maçon qui travaille.
SCEND I.
r,A VA Li i:h , F ri: M iql oi.
r\v AMt.lt.
Soyez stjr de voirc ^ffiirc, mon braso lioisïn.e, vous nie coiinaisjcz?. , .le comprends . lit im":e Lrcmi'(noi csl en Iruiii di> balnyer ies csc.ilicrs, el TIC peut pas veilitr au cordon... Je vous ilis que je suis là... Allez porter celle ielliic... vin^l francs pour vous, ^i \ous uic rapporlcz la réponse. .V .^L de Fonbouiirade, \ous entendez bien".' c'est au Uas-Mcudon. Vous chercherez, jusqu'à ce que vous ayez trouvé.
FUE.MiylOI.
J'y vas, monsieur, j'y vas... mais...