‹ [Magasin théâtralChapitre 955 sur 1545 · MONALDESCHI, PAULA · texte numérisé non relu

MONALDESCHI, PAULA

MONALDESCHI

Sur le premier vaisseau voguant pour l'Ilane , Vous partirez , Paula.

PAULA

Marquis, je vous supplie !

MONALDESCHI

Vous partirez !...

PAULA

Marquis, au nom du ciel, restez.

Oh ! je veux vous parler un instant, écoutez. Écoutez-moi I

MONALDESCHI

J'écoute.

PAULA

Est-ce ma faute , dites...

Si l'effroi m'arracha ces paroles maudites ! Je vous avais cru mort ; quand je rouvris les yeujt. Je vous revis vivant. Oh ! mon cœur trop joyeux D'un bonheur aussi grand ne put porter la charge, Mon sein pour l'enfermer n'était pas assez large ! Il devait s'exhaler en paroles, en cris. Et pour ce crime, toi, c'est toi qui me proscris !

Pourquoi me suivre ici ?

PAULA, Pourquoi ! pourquoi mon ame S'en va-l-elle avec toi quand tu t'en vas? MONALDESCHI.

Madame !

PAULA

Monaldeschi , pardonne. Oh I si je l*avais su, Que le moindre soupçon en dût être conçu. Oui, je serais restée, et Iriste et résignée. De mon Monaldeschi loul le jour éloignée, Tout le soir, sans d'un mol accuser sa rigueur, ComplanI chaque seconde aux élans de mon cœur; Puis, lorsque tu serais rentré, sur Ion visage Du sort qui m'attendait épiant le présage, J'aurais ri, si j'avais vu ton front éclairé, El si je l'avais vu Iriste, j'aurais pleuré !...

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