LA GARDIE
Quoi ! j'aurais pu vous déplaire ?
CHRISTINE, i Stoinberg.
.le vous fais chevalier de l'fitoile polaire, Sleinberg.
STEINBERG
G majesté !
CHRISTINE
/ Vous avez le cordon Du grand Aigle de Suède.
STEIXBERG.
O reine !
CHRISTIXE , regardant Gondemar.
Qu'est-ce donc?
Dans mon palais d'Lpsal l'envoyé deBragancel Comte de Gondemar, c'est par trop d'arrogance. Bragance se méprend en nous traitant d'égal : Philippe quatre seul est roi de Portugal. (A l'ambassadeur de Cromwell.) Monsieur de \\ hitelock, dites à votre maître Que Christine aujourd'hui devanttous fait connaître L'alliance signée avec lui. Pour milord , Vous lui direz, à lui, que je l'estime fort. Vous le voyez, messieurs, par sa faveur très haute Dieu veut qu'en ce moment rien ne nous fasse faute. D'une durable paix je lui dois la douceur; L'Angleterre nous aime et nous nomme sa sœur ; A la Suède la France est toute dévouée ; Seul, l'empire est fidèle à la haine vouée; [flancs. Mais par bonheur son aigle est faible et saigne aux Car le lion du Nord la secoue en ses dents; Et palpitante encor des dernières défaites, Un seul coup maintenant tranchera ses deux tètes. Quand mon père à Lutzen succomba triomphant. Éveillée en sursaut dans mon berceau d'enfant, Faible, je me levai, j'avais quatre ans à peine. Je regardai mon peuple, il dit : « Voilà la reine ! » Je grandis vile, car, avec son bras puissant, La gloire paternelle était là me berçant ; Je grandis vite, dis-je, et j'endurcis mon ame A ces travaux qui font que je ne suis point femme : Je suis le roi Christine ! et, dites-moi, plus fort Mon trône a-t-il pesé sur vous de cet effort ? Non. Quand le ciel était noir et chargé d'orages, Quand pâlissaient les fronts, quand pliaient lescou-
[rages.
Je vous disais : « Enfans, dormez, le ciel est beau, » El je vous abritais sous mon vaste manteau; Mais comme ce géant qui soutient les deux pôles. J'ai courbé sous leur poids mon front et mes épaules. Je voudrais maintenant pour les jo\irs qui viendront Relever mon épaule et redresser mon front. Car je suis fatiguée; eh bien, qu'uu autre porte La charge qui me lasse et me parait trop forte. Mon rôle est achevé, le tien commence, à toi I,a couronne. Salut! Charles-Gustave , roi : (Prenant le globe des mains de de Bralié.) Reçois de les deux mains ce monde que j'y jelle, Christine n'est plus rien que Ion humble sujette. Monte au trône, Gustave.
UXEXSTIERN, tremblant.
O reine ! écoulez-nous .\vant que d'abdiquer ; comtes, ducs, à genoux!
(Aux vieillards.) V gciuHix ! vous aussi, |>uur lui faire coiuprciidre