‹ [Magasin théâtralChapitre 966 sur 1545 · BRAHÉ · texte numérisé non relu

BRAHÉ

Oter votre manteau !... moi ? votre diadème ! Oh ! non, jamais.

CHRISTINE

Eh bien! je te les rends moi-même.

Des insignes royaux que Charles soit orné.

(On présente à Charles-Gustave la couronne sur un coussin de velours ; il l'essaie et la remet sur le coussin; un grand de l'état porte le manteau royal.) UN HÉRAULT D'ARMES, au peuple.

Charles-Gustave, roi, vient d'être couronné. Vive Charles-Gustave !

CHRlSTtN'E , descendant deux marches et prenant attitude de suppliante.

A mon tour je désire Dons et faveurs, veuillez me les octroyer, sire. De mes vastes états, que je quitte si beaux. Je voudrais obtenir de vous quelques lambeaux ?

GUSTAVE

Ordonnez.

CHRISTINE

Comme bien personnel, je demande Les îles de Gottland, d'Lseduni, et d'Olande, Et d'Osel. Je voudrais et Pôle, €t iNyckJoster, Et Wolgast, et que nul ne me les put ôter. Pas même vous. Ces biens me suffiront pour vivre.

GUSTAVE

Vous les avez.

CHRISTINE

J'entends que l'on me laisse suivre Par tous ceux qui voudront s'en aller où je vais. Et partager mon sori, (inij soit bon ou mauvais;

(D'une voix forte.) J'entends avoir sur eux droit de justice haute; Et quel que soit le roi dont je devienne l'hôle, Il n'aura rien à faire aux gens de ma maison , Et j'y pourrai punir de mort la trahison.

GUSTAVE

V ous en aurez le droit.

CHRISTINE

Maintenant je désire Que vous alliez au temple et rendiez grâce, sire, Au Seigneur, qui m'a dit : Fais de Gustave un roi ; Et que vous y priiez pour l'État et pour moi.

GUSTAVE

Je m'y rends.

CHRISTINE

Maintenant, ceux pour qui la fortune D'une ex-reine n'est pas tout-à-fait importune. Dans un quart d'heure au plus me trouveront ici. Nous partons aujourd'hui, messieurs.

SENTINELLI

Reine, merci.

STEINBERG, à Ebba.

Ln mot, madame. Auprès de voUe souveraine Restez-vous ?

EBBA

Oui, monsieur, partout je suis la reine.

STEINBERG

Bien.

EBBA

Mais quel intérêt de savoir où j'irai Avez-vous?

STEINBERG

Un très grand.

OXENSTIERN , descendant et baisant la main de

Ma fille, j'en mourrai.

(Tout le monde sort. Christine reste en haut des degrés du trône, Monaldeschi en bas ; on entend au dehors la foule crier.)

LE PEUPLE

Vive le roi !

CHRISTINE

La foule à son tour l'environne.

On dit: vive le roi! C'est vive la couronne [nous? Qu'il faudrait dire. Eh bien ! à quoi donc pensons- C'est Christine, marquis, la reconnaissez-vous?

MONALDESCHI

Oh ! madame.

CHRISTINE

La reine aux cieux est remontée; Mais la femme qui t'aime est près de toi restée. Mon diadème d'or contrariait tes vœux.

Quand tu voulais passer ta main dans mes cheveux.

MONALDESCHI

Oui,vous m'avez compris, et je vous en rends grâce.. .

(A part.) Qui m'eût dit que j'aurais envié ta disgrâce, Magnus de La Gardie !

CHRISTINE A FONTAINEBLEAU

Allons, marquis, adieu !

Vous savez que se vont rassembler en ce lieu Ceux qui suivent mon sort mallieureux ou prospère ; Je n'aurai pas besoin de vous presser, j'espère.

(Christine rentre, Monaldeschi lui baise la main, et en se retournant aperçoit Paula. )

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