SCENE Vf
CHRISTUVB.
Oui.
PALLA, cherchant des yeux.
Senle?...
CHRISTINE
Regardez...
Un prêtre est avec lui... Madame, vous gardez Parfois à qui vous sert de sublimes spectacles. Vous avez , je le vois , triomphé des obstacles ; C'est grand et beau.
CHRISTINE
Paulo, le marquis m'a remis Cette bague pour vous.
PAULA, avec joie.
Ah ! donnez...
CHRISTINE
J'ai promis De vous le rendre... C'est l'anneau de votre maître.
PAULA
Et vous avez voulu vous-même le remettre. N'est-ce pas ? Je rends grâce à vos soins empressés ; Oui, cet anneau m'est cher I
CHRISTINE
Paulo, vous pâlissez !
PAULA, le portant à ses lèvres.
Non. Sois le bienvenu, messager de la tombe.
(A Christine.) Et maintenant sur vous que notre mort retombe. CHRISTINE.
Sur moi... votre mort ? Oh ! vous perdez la raison. Qu'enfermait cet anneau, dites-moi '■} PAULA.
Du poison.
Le marquis en mourant promit de me le rendre ! Cet anneau, grâce à vous, ne s'est pas fait attendre.
Mais le marquis n'est point à la mort condamné, A l'exil seulement... Paulo, j'ai pardonné ' Et bientôt sur le trône auprès de moi...
PAULA
L'infâme Nous trahit toutes deux.
CHRISTINE
Toutes deux ?
PAULA
Je suis femme !
CHRISTINE
Vous 1... Oh ! malheur à lui, car je devine tout !
(Ouvrant la porte du fond.) Ici, comte ! venez, venez ; courez au bout De cette galerie... et joignez-y le traître... Frappez... Pour vous tromper, il vous dira peut-être Que j'ai tout pardonné!... mais non... fr;.ppez
[toujours.
Il dira que c'est moi qui conservai ses jours : Non, non !... que par ses pleurs ma colère abattue Avait tout oublié. Non, non, non... frappe et lue :
(Le poussant. j A l'œuvre I
CUKlilINK A luX rilMBt ÏAC.
34 CHRISTIAE A FOiMTAlNEBLEAU. ACTE Y, SCENE YII.
(A Paula.) Pour ton mal, enfant, nous trouverons Des secours, sois tranquille, et nous le sauverons. Qu'on cherche des secours partout... à l'instant mê- (Revenant à Paula.) [me î
Mais déjà le poison la dévore. Analhème !
(Allant à la porte de la galerie.) S'il mVchappnit !... mais non, il n'échappera pas, La jusiice de Dieu ralentira ses pas...
(Revenant ù Paula.) Oh ! ne meurs pas, enfant... Si jeune, si jolie !...
(Voyant les progrès du poison.) .le vous reconnais bien, poisons de l'Italie ! Mortels!... Enfant!... mon Dieu!... quelqu'un ac- (Elle va à la porte.) [court... Non, rien !...
Si... c'est un bruit de pas.
(Au père Lebol qui entre.) Eh bien ! mon père, eh bien !
Est-ce fini ?
LE PÈRE LEBEL
Fini !... C'est donc vous ? ô madame... Après avoir promis de le sauver !...
CHR1STI.\E
L'infâme î Le sauver, lui !... non, non... Voyons, est-il puni;' On larde bien... oii tout devait être fini.