‹ Magasin théâtralChapitre 1016 sur 1377 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

Les Mêmes , BIROTEAU.

Ah! je vous retrouve enfin, madame Biroteau. Eh bien ! j'en ai appris de belles I Fiez-vous donc à ces grands seigneurs!

JEANNETTE

C'est bien, c'est bien ; saluez ces dames, et allons-nous-en, car il est tard.

DEUX JEUNES FEMMES

BIROTEAU

Du tout, je ne veux pas m'en aller, moi, à présent !

LA MAIIQUISE.

Qu'avez-vous donc, monsieur Biroteau? quelle est la cause de ce grand courroux?

biroteau.

Je vais vous conter ça, madame la marquise.

JEANNETTE, bas.

Taisez-vous, au contraire, je vous en supplie!

biroteau, liant.

Ta, ta, ta ! je n'ai pas besoin de ménager votre réfugié, moi. Voilà ce que c'est: imaginez-vous, madame la marquise, que j'avais envie de votre maison...

la marquise; Comment, monsieur?

biroteau.

Si l'affaire est bonne, autant que ce soit moi qui la fasse qu'un autre, n'est-ce pas? ça doit vous être égal, à vous. Eh bien! ce comte, ce réfugié ne vient-il pas traîtreusement me faire faire une soi-disant commande, rien que pour m'éîoigner d'ici, et me couper l'herbe sous le pied. jeannette, bas.

Par grâce 1

biroteau, haut.

Laissez-moi donc! [A la Marquise.) Et avant ça, .n'avait-il pas eu le front de me dire que le procès ne se jugerait pas, que la maison ne serait pas vendue?

LA MARQUISE

Le comte ne vous a dit que la vérité, monsieur.

BIROTEAU

La vérité?

jeannette, voulant l'entraîner.

Du moment que madame vous l'assure ellemême, en voilà assez. Venez donc.

BIROTEAU

Mais puisque j'ai là la preuve du contraire...

LA MARQUISE

Est-il possible?

biroteau, tirant une lettre de sa poche. Une lettre qui m'annonce...

LA MARQUISE

Quoi donc?

jeannette, arrachant la lettre.

Rien, il extravague. {Avec autorité.) Partons, monsieur.

Non, non, qu'il s'explique, il le faut maintenant.

biroteau.

Parbleu! l'explication est toute simple. Non seulement le procès est jugé, mais il est perdu par M. le marquis.

jeannette.

Ne le croyez pas, madame.

LA MARQUISE

Montrez-moi cette lettre, Jeannette

JEANNETTE

Madame...

JULIE

Donne-la, va, le coup est porté!

la marquise, après avoir jeté les yeux sur la

lettre.

Il est donc vrai !

JULIE

Mon pauvre père!

Elle se rapproche de la Marrruise , qui g ;cril obligée de .'a

JEANNETTE

Vous avez fait un beau chef-d'œuvre!

BIROTEAU

Ah! bah! par moi ou par un autre, ii fallait bien que la nouvelle finit par arriver, ainsi... Descendons toujours au jardin pour compter les pieds d'arbres, voir si les murs de clôture sont en bon état, juger enfin à combien on peut porter l'enchère. Venez, madame Biroteau. et surtout pas de sensiblerie hors de propos Si on s'arrêtait à ça, on ne ferait jamais d'affaires.

jeannette, avec une expression de mépris.

Et vous en ferez toujours, vous, n'est-ce pas ? (A Julie.) Ne vous désolez pas, mademoiselle. La maison vous restera, je le sais... et puis d'ailleurs, la ferme de Marianne est là, Marianne, qui vous doit tout!... Et moi donc! oh! vous pouvez compter sur moi aussi, allez. [Avec résolution en montrant son mari.)^ en dépit de lui!... j'ai ma part, après tout... et comme je vous l'ai dit dans le temps, malgré ma tête folle, j'ai bon cœur, et je n'oublie pas!

BIROTEAU

Mais venez donc, madame Biroteau I vous étiez si pressée tout-à-1'heure !

JULIE, lui montrant sa mère, qui est comme

anraniie.

Oui, va, Jeannette...

BIROTEAU

Voyons, prenez mon bras, madame Biroteau.

JEANNETTE

Laissez-moi, je vous déteste.

Elle sort seule.

biroteau, la suivant.

Par exemple!... Madame Biroteau! madame Biroteau !

W\\W\vV\/\VU\\VV\\V\\\'\V\\\V\W\\'v\\X\VV\\V\\\\ IWWVVIWVI

Page 1