‹ Magasin théâtralChapitre 1037 sur 1377 · JULI · texte numérisé non relu

JULI

Il semblerait pourtant que M. le comte... {Il la regarde, et elle n'ose poursuivre.) Toujours ce regard qui me glace !

FERNAND

Après tout, Mme Biroteau mérite bien que l'on fasse pour elle un peu plus que pour d'autres; c'est une femme charmante, et qui vous témoigne une amitié vraiment rare.

JULIE

Et bien sincère, monsieur. Aussi cette amitié est- elle pour moi une consolation [regard du comte), un bonheur, dont je rends grâce à monsieur le comte de ne m'avoir pas privée.

FERNAND

Mais nous y aurions tous perdu, d'honneur! Vous avez aujourd'hui, madame, une toilette délicieuse! Très-certainement, vous éclipserez toutes les autres femmes.

JULIE

Hélas ! ce n'est pas là le succès que j 'ambitionne ; on me rendra, j'espère, la justice de le croire.

FERNAND

Vraiment, il est impossible de voir rien de plus élégant, de plus riche que cette nouvelle parure... mais regardez donc, mon oncle...

MONTALÈGRE

En effet.

JULIE

Vous m'aviez si souvent reproché de ne pas faire honneur à vos présens!...

MONTALÈGRE

Ce serait donc uniquement à cause de moi que vous vous seriez décidée enfin à renoncer à votre simplicité habituelle ? Je vous en remercie, madame.

JULIE

Monsieur...

FERNAND

Ah! voici la reine du bal. C'est véritablement un prodige que la métamorphose de celle petite bourgeoise. Je ne connais pas de duchesse qui ait meilleure façon.

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