MARTHE , VALERIEN
Au lever du rideau, Marthe est devant la cheminée, elle •tient d'arranger le feu, et balaie avec un petit balai les tsr.Jres. Valérien entre par la petite porte de gauche;
porte une roulière toute mouillée ; ses guêtres de cuir sont couvertes de boue. Deux lampes pareilles sur la cheminée éclairent le salon.
MARTHE, rangeant quelques objets sur une table. On voit bien que ce petit démon de M. Martial
est au château, tout est sens dessus dessous dans le salon. Heureusement que ses vacances sont linies, et qu'il retourne demain à Paris. [Elle entend ouvrir la porte.) Qu'est-ce que c'est que ça? VALÉRIBN, entrant.
C'est moi, c'est moi, madame Marthe, n'ayez pas peur.
MARTHE
Vous !... dans quel état, mon Dieu !... mouillé, crotté...
VALÉRIEN
On est comme on peut, madame Marthe; la pluie ne choisit pas où elle tombe, et je n'ai pas trouvé de décrotteur dans la forêt pour taire cirer mes souliers.
MARTHE
Que venez-vous chercher ici?
VALÉRIBN.
J'y viens chercher Mme la marquise... voila tout.
MARTHE
Elle est en train de souper avec M. Martial et Mllc Diane; ainsi, vous pouvez vous en retourner.
VALÉRIEN, défaisant sa routière.
En ce cas , je vais l'attendre.
MARTHE
Ici, dans le salon?
VALÉRIEN
Ici, dans le salon.
Il approche un fauteuil du feu cl y élcntl sa routière.
marthe, allant vers le feu.
Ahçà'... est-ce que vous allez mettre votre manteau tout mouillé sur ce fauteuil?
VALÉBIEN, empêchant Marthe d'enlever son
manteau.
Eh bien, avez- vous peur que ça l'enrhume , votre fauteuil ?
marthe, avec colère.
Décidément, est-ce que vous comptez attendre ici Mmela marquise?
VALÉRIE?*
Décidément.
MARTHE
Vous ne ferez pas de vieux os dans la maison, monsieur le nouveau venu ; Mme la marquise n'aime pas ces libertés-là, je vous en préviens; et si j'allais lui dire que vous êtes installé ici... VALÉRIEN, allant s' asseoir devant te feu.
Probablement elle vous en remercierait, car j'y suis par son ordre.
MARTHE, à part, sur le devant de la scène.
Par son ordre... Je ne sais pas ce que ce mauvais garnement a fait ; mais Mme de Kermic l'a pris plus en amitié, depuis trois jours qu'il est au château, que nous tous qui la servons fidèlement depuis quarante ans. [Elle se retourne eivoit Vàlérien installé devant le feu.) Eh bien, ne voilà-t-il pas maintenant qu'il sechauffeau feu de Mme la marquise t
VALÉRIEN
Est-ce que ça le salit, son feu?