M1"" DE KERMIC , MARTHE, DIANE
Mme DE KERMIC, à Marthe.
Marthe, dès que Valérien sera revenu de Nantes, tu l'amèneras ici.
MARTHE
Oui, madame.
Mme DE KERMIC,
Quelle heure est-il ?
MARTHE
Dix heures.
Mme DE KERMIC
La nuit est bien noire et doit rendre les chemins difficiles. Il ne sera peut-être pas ici avant minuit... cela serait fâcheux.
MARTHE
Madame attend donc des nouvelles bien importantes?
Mme DE KERMIC.
Oui, bien importantes! il faudra donc que tu veille jusque là!
MARTHE
Et vous veillerez aussi, faible et malade comme vous êtes ?
Mme DE kermic, lui montrant Diane.
Ce n'est pas moi qui suis la plus malade, ma bonne Marthe !
MARTHE
Ah! oui... la pauvre enfant! depuis un an elle est bien changée ! Ce n'est plus notre jeune bonne maîtresse si heureuse et si gaie autrefois; maintenant elle est devenue triste et silencieuse ; elle me fait peur quelquefois, lorsque je la vois errer seule dans le parc, comme une ombre, allant sans cesse du château au pavillon, s'arrêtant au moindre bruit et prêtant l'oreille comme si elle attendait quelqu'un.
DIANE DE CHIVRI.
Mme DE KERMIC, à part.
Ah l fasse le ciel qu'il vienne, celui-là ! [Haut.) Dis-moi, Martial est-il parti î
MARTHE
Oui, madame ; il est allé, d'après vos désirs, à la fête que donne le nouveau propriétaire du château de M. de Furières. Il ne rentrera sans doute que fort tard dans la nuit.
Mme de kermic, à part.
Je l'espère. [Après s'être levée. ) Ce n'est qu'à des hommes qui pourront la venger que je dois dire ce fatal secret, si ma dernière espérance est trahie...
Madame, la voilà qui s'éveille.
Mm<! de kermic, vivement.
Laisse-nous, et n'oublie pas de m' envoyer Valérien.