‹ Magasin théâtralChapitre 107 sur 1377 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

PREVAL, JULIE, ELISE.

ÉLISE , entrant de. Vappurtemcnt dedroite. Chère maman ! ma bonne mère !

queviens-je d'apprendre! Est-ce bien possible ! M. le duc de Theyal vient de m'avouer... en présence de madame de Brécourt... Mais qu'ai-je à te dire? Tu sais tout. C'est M'"e la marquise qui m'envoie. Elle m'a paru dans une si vive impatience de connaître ta réponse, que je suis accourue. Oh ! chère maman , quelle a dû être ta joie ! un si beau mariage! Oh ! que tu as dû être heureuse !

JULIE. Elise, ma chère enfant, tu aimes donc M. de Theyal ?

ÉLISE. Ma mère , M. de Theyal vient de m'assurer de son amour avec un tel accent de vérité et de persuasion... que si j'avais la certitude de pouvoir le rendre heureux... Tu souris!... Eh bien! jusqu'à ce jour, je ne t'ai déguisé aucune de mes pensées... Pourquoi serais-je moins sincère, lorsque je sens que désormais mon bonheur ne peut plus dépendre que de lui !...

JULIE, a Préocil. Monsieur, vous l'avez entendue !... Mon devoir est tracé. Ma fille , il faut que vous sachiez enfin un secret que je n'ai pas dû vous confier plus tôt. Vous ne dépendez pas de moi seule , Elise.

élise. Eh quoi !...

JULIE. Votre père existe encore.

ÉLISE. Mon père vit encore !... Et tu me l'as caché!... Ah ! ma mère, ma mère! de quel bonheur tu m'as privée !...

JULIE, à part. Quel reproche !...

ÉLISE. Mais où mon père est-il? que fait-il ? qu'est-il devenu ? Comment ne s'est-il pas fait connaître? comment n'estil pas là , près de toi.J Quel motif... ?

JULIE. Ma fille , il est des secrets de famille qu'un enfant ne doit pas chercher à

JILIE.

pénétrer ; il en C3t qu'une mère .ne doit point révéler. Tous les mariages, Elise, ne sont pas heureux; tous les païens ne consultent pas leur fille, ne suivent pas son inclination. Tu n'ai tends pas de moi que je prononce un seul mot contre ton père, contre celui que tu dois aimer et respecter? Je ne doute pas qu'il n'imite ma réserve. Il est ici, il veut te voir. 11 attend que je t'aie prévenue de son retour.

M. Préval va te présentera lui , mon enfant.

ÉLISE. M. Préval!. ..Eh quoi?... tu ne seras pas là !... ce n'est pas toi qui présenteras ta fille? ce n'est pas devant toi que je dirai tous tes soins, toute ta tendresse pour moi?... Oh !...

julie. 31a fille , je vous ai dit qu'il est des secrets qu'un enfant doit ignorer. Votre père, Elise , peut assurer votre bonheur ; tout dépend de lui. Demandez-lui son consentement, avec instances, avec soumission ! {A part.) Pourquoi trembléje ainsi?... Ah ! voilà le moment que j'ai toujours red ou lé! (Haut.) Adieu, ma fdle, je vous attendrai. Monsieur Préval, jevous la confie. Vous ne la quitterez pas! Vous me la ramènerez !... Vous me le promettez? .PltÉVAL. Comptez, madame, sur tout mon dévouement !

JULIE. Elise , ne dis rien qui puisse blesser ton père!... Aucune question indiscrète !... Entends-tu bien?...

Élise. Oui, oui, maman !...

JULIE. Adieu, adieu, mon enfant! (Revenant sur ses pas.) Elise, tu aimes ta mère , n'est-ce pas ?...

ÉLISE. Oh !

julie. De toute ton aine?...

ÉLISE. Plus que je ne saurais dire !... Julie entre h droite.

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