‹ Magasin théâtralChapitre 1106 sur 1377 · JENNY, SARAH · texte numérisé non relu

JENNY, SARAH

8ARAH.

Ali! comme il lui ressemble,

Et comme il est joli !

Ali ! vraiment, il me semble

Revoir mon bel ami !

Je serai sa compagne ,

Il secbera mes pleurs;

Pour lui sur la montagne

J'irai cueillir îles fleurs.

Doucement il repose

Sur mon cœur amoureux ;

Je veux d'un ruban rose

Entourer ses cheveux !...

Oh! comme il lui ressemble, et*.

JKNNY , la regardant.

Tantôt elle soupire.

Tantôt on la voit rire.

Bonjour, Sarah !

SARAH

C'est vous , Jenny ?

JENNY

Vous paraissez mieux aujourd'hui.

SARAH

La soirée est charmante :

Que l'on est bien ici !

jen.ny. Vous me semble*, contente

SARAH

Oh! je le suis aussi.

(Elle prend Jenny par la inain, la conduit à l'écart et lui dit en confidence : ) Dieu finit ma misère Et mon adversité ; Désormais sur la (erre J'aurai ma liberté.

Au tond de sa chaumière Ma mère injustement Me tenait prisonnière Et me battait souvent ; Mais le méchant succombe Et voit son dernier jour.

En prison dans la tombe Je l'ai mise à son tour.

JENNY

O ciel ! malheureuse Sarah !

Hélas! que me dites-vous là?

SARAH

Pour moi plus d'esclavage ?

Et j'irai tous les jours Là-bas, sur le rivage, Attendre mes amours !

Mon ami qui voyage Près de moi reviendra ; Ou bien j'ai sou image Qui me consolera.

JKNNY.

Hélas ! infortunée !

S A R \ Il .

Chantons toutes les doux.

Q^jD

JKNNY.

Affreuse destinée !

sa in il, ie fâchant.

Chantez donc, je le veux.

iehhx:

Calme-toi '

^ \k v h , à genoux.

Je l en prie.

JKV>Y.

Que veux-tn ?

SARAH

Ma chanson.

JENNY F.h quoi !

SA II Ml

Je l'en supplie,

JENNY , avec pilié.

Volontiers.

SARAH , riant.

Tout de bon?

JENNY'

Volontiers; je suis prête.

SARAH , clici chant.

Attends!... attends!... ma tèie...

ENSEMBLE

SARAH chante et JENNY. i Oh! connue il lui ressemble, Et comme il est joli !

Ah! comme il lui ressemble, etc.

SARAH

Là ! je vous remercie, vous m'avez fait du Lien... Ali [j'oubliais quelque chose : donne-moi du pain ; j'ai faim.

JENNY , courant a un panier sur la table , lui donne du pain et des pommes.

O mon Dieu ! tenez , Sarah , tenez.

SARAH

Merci; quand j'en voudrai je reviendrai; car je sais que vous éle^ bonne, vous; jamais vous n'avez ri en courant après moi comme 1rs enfants du village... la folle ! la folle ! la voilà !... (Mordant dans son pain et riant.) Ils disent que je suis foile; mais je sais bien que je ne le suis pas. (Brusquement.) Adieu, je m'en vais.

JENNY

lit où irez-vous, pauvre tille, si votre mère est moite?

SARAH , riant.

Ma mère? ah! oui! je l'ai emportée hier au soir; j'ai passé la nuit a l'ensevelir dans le sable; j'ai mis dessus de la verveine et du romarin... M.ds c'est égal, je ne suis pas seule au monde ; l'image de George est avec moi.

JENNY

Et quel est donc ce George qui a décidé de votre sort ?

SARAH

Personne ne le saura; mais il me l'a dit, à moi, quand il»se cachait dans notre cabane... Il donna de l'or à ma mère, mais non pas à moi... Je n'avais besoin de rien; il était là!...

rffr

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