‹ Magasin théâtralChapitre 1110 sur 1377 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

TOM; GEOPiGE, arrivant par la gauche.

( Il commence à faire nuit.) GEORGE, avec agitation.

C'est toi, Tom? que fais-tu ici?

TOM

Ah ! te voilà , pourtant.

GEORGE

Et la chaloupe?

TOM

Toujours cachée dans la petite baie et gardée par quatre de nos hommes.

GEOF.GE.

Et pourquoi la quitter?

TOM

Je crevais d'ennui ; il y a vingt ou trente heures que nous t'avons mis à terre et que nous attendons ton retour. Je te cherche, je me promène, je chante ; j'ai encore à vendre une tonne de genièvre, et j'allais voir dans cette ferme si Ion veut en boire.

GEORGE

Et as-tu vu quelqu'un de ses habitants?

TOM

Non, j'arrive.

GEORGE

Il suffit, c'est moi qui veux y entrer; éloignetoi.

TOM

Et où veux-tu tpie j'aille?

GEOI1GE.

l'ai sentinelle, là-haut... (montrant la gauche.) sous ce bouquet d'arbres qui domine la route.

LA PKISON D'EDIMBOURG

TOM , vivement.

Comment, en sentinelle?... est-ce que ces coquins, ces employés de l'accise sonl encore en campagne?

GEORGE

Oui. Sur le chemin d'Edimbourd , j'ai vu des gens de justice qui arrivaient au prochain village; cours te placer là- hant; s'ils approchent d'ici, reviens m'en prévenir, et nous partons soudain.

TOM

Tu te moques dé moi! décampons tout de suite !

GEORGE

Décampe donc tout seul, il faut que j'entre là.

TOM

Et ton passe-port pour l'autre monde? veuxtu donc le prendre ce soir? veux-tu te laisser harponner comme une baleine endormie? quand tu le sauvas sur mon bord, ne me dis-tu pas que la griffe de ces oiseaux de proie avait parafela sentence?

GEORGE

Oui, mais en ce moment...

TOM

Au large ! au large, mon garçon '. je n'abandonne pas ainsi I homme le plus brave de mon équipage; on te connaît sur cette côte: cette tille que tu as rendue folle d amour peut te rencontrer... regagnons vite la pleine mer, la justice ne viendra pas t'y chercher, elle n'a pas encore trouvé le moyen de planter une potence sur la poiute d'une vague.

GEORGE, très vivement.

Par grâce ! par pitié ! fais ce que je te dis ! un instant ! un seul instant !... tu ne sais pas ce que je souffre !...

TOM

Encore !... tu me fais compassion , ou le diable m'emporte !... Allons, je vais au poste, je te donne un quart d'heure , et que la peste soit de ce maudit rivage ! toutes les fois que nous y descendons tu es agité comme une tempête. (Il sort par la gauche.)

(Il fuit tout-à-fait nuit.)

GEORGE, seul.

CHANT

Est-elle ici ? que vais-je apprendre ?

Voyons ! je n'ai plus d'autre espoir.

Entrons ! On vient... je crois entendre...

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