JULIE, NÉRIS
NÉRIS, à part. Seule! elle est seule!.... {Haut.) Pardon, madame, pardon!... ce n'est pas moi sans doute que vous êtes venue chercher ici. Il ne m'appartient pas de vous demander ce que vous y faites... qui vous attendez?...
JULIE, à part. Qu'entends-je ? quel ton!
néris. Mais, quelque déplaisir que ma présence puisse vous causer, il faut bien que je vienne à vous, puisque votre préoccupation vous empêche d'apercevoir ce qui se passe autour de vous... Madame, tandis que vous vous éloignez du théâtre de votre gloire, pour respirer plus à l'aise l'encens qui vous enivre, l'envie ne respecte point un triomphe si beau... la censure a succédé aux applaudissemens....
JULIE, se levant. Comment, comment, monsieur! que voulez-vous dire? Elise se serait-elle abusée sur vos intentions ? Quel est donc le dessein qui vous amène près de moi? Tendrait-on ici quelque piège à ma crédulité?
NÉRIS. Un piège, madame!.. Eh! rentrez, rentrez, de grâce! tournez les yeux de ce côté ! Votre fille est seule, madame, délaissée, abandonnée de tout le monde, en butte à tous les sarcasmes de la malignité ! Vainement elle vous appelle, elle vous attend! Cette enfant est au supplice! De grâce, madame, de grâce, emmenez votre fille, ou je cède à mon impatience !
je vais moi-même! Mais la voici!....
Dans quel trouble et quelle agitation!...