ACTE III. SCÈNE II
GILBY.
Et moi qui te croyais pris depuis quelque temps d'un torticolis !
w. ibec.
Qui diable t'en a sauvé?
Mon mérite, j'en avais tant! on a pense que, pour être bon geôlier, pour garder des coquins adroits et rusés , il fallait quelqu'un qui connût la partie : et on m'a donné ce poste honorable.
ALTREC.
Tu le méritais bien.
G1LBY.
Certainement ; tu ne l'as pas volé.
ALTREC.
C'est la première fois ; et si on ne donnait jamais les places que comme cela...
Que voulez-vous, mes enfants? il fallait être comme vous sous les verrous, ou bien vous y tenir, et je n'ai pas hésité.
GILBY.
Tu as bien fait dans l'intérêt général.
ALTREC.
Tu sais qu'on est venu au château de Kilnok saisir nos marchandises; nous nous sommes battus en gens d'honneur.
GILBY.
Oui , voilà Altrec qui a tué par-derrière un employé de l'accise.
TOM
Vraiment !
ALTREC, froidement.
Que veux-tu?... un mouvement de vivacité; on n'est pas parfait.
GILBY.
Et c'est pour cela que demain à la parade on lui fait cadeau d'une cravate de chanvre. TOM , froidement.
Nous sommes tous mortels.
ALTREC, de même, fumant sa pipe.
Parbleu!... aussi, par prudence, je me suis vendu ce matin au docteur Robinson , le premier chirurgien d'Edimbourg.
GILBY.
Oui , le docteur l'a acheté une guinée.
ALThEC.
C'est toujours cela de sauvé.
TOM
Une guinée? tu ne l'as jamais valu.
GILBY.
De son vivant, c'est possible... mais après...
TOM
C'est juste... un beau garçon... un grand gaillard...
GILBY.
Nous venons de le boire.
, ALTREC.
Et ça m'a lait du bien. (Lui offrant un verre.) Si le cœur t'en disait ?
PSI30N u'hDIMB
Merci : je ne bois plus. J'ai besoin de ma tête.
GILBY , à voix basse.
El nous «le la nntic. Apprends que nous méditons un coup de main où tu vas nous servir.
TOM
Un complot! alors ne me dites rien.
ALTREC.
Qu'est-ce que cela signifie?
TOM
Cela signifie que j'ai été contrebandier, que je veux bien être geôlier , mais que je ne serai jamais espion. Gardez votre secret; chacun pour soi: Dieu pour tout le monde! Allons, voici l'heure de la retraite : rentrez dans vos cabinets; il faut que je donne audience à celte jeune fille qui doit mourir ce soir. Nettoyez-moi la place.
GILBY.
On dit qu'elle est jolie, cette fille?
ALTREC.
Et c'est pour cela qu'on la fait passer avant moi. Elle a séduit les juges ; toujours des faveurs et des préférences pour les jolies femmes.
GILBY , bas à Tom.
Un seul mot : puisque tu ne veux pas aider à notre délivrance , jure-rnoi de rester neutre seulement pendant cette nuit.
TOM , brusquement.
Silence !
COUPLETS
PREMIER COUPLET
Anciens camarades Sur terre et sur nier , De mes nouveaux grades Je ne suis pas fier.
Mais il nous faut rompre , Tel est mon devoir :
Et de me corrompre Perdez tout espoir.
Coquins, mes amis, Hélas! j'en gémis !
Mais vous faire grâce Ne m'est plus permis :
Je suis homme en place , Bonsoir, les amis !
DEUXIÈME COUPLET
Alors que nous happe La main de Thémis , L'homme adroit échappe , L'imbécile est pri Aussi voilà comme, J'en suis désolé, Nouvel honnête homme, Je vous tiens sous clé.
Coquins , mes amis , Hclas! j'en gémis!
Mais vous faire grâce Ne m'est plus permis :
Je suis homme en plare, Bonsoir , les amis !
■ Miniers sortent en grondant et avec Je.-, geste» menaçants.)
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