SCÈNE VI
LES MÊMES , TOM ; SARAH , avec une toilette bizarre et de la paille dans ses cheveux arrangée en guise de fleurs.
TOM, traînant Sarah dans la salle.
En prison, langue maudite! en prison! tu voulais me faire pendre, et c'est moi maintenant qui vais te mettre sous les verrous. Ainsi va le monde, méchante sorcière!
SARAH , riant.
En prison , moi ? taisez-vous , mon ami ; vous déraisonnez, vous perdez le sens.
TOM
Ah! c'est moi qui suis fou !
SARAH
Assurément : qu'ai-je donc fait pour qu'on me punisse ?
Depuis vingt-quatre heures tu ne fais que voler; de la paille, du lait, une corbeille neuve chez levanier, et un rideau de soie qui servait d'enseigne au tapissier de la grande rue.
SARAH
Ce n'est pas pour moi , on n'a rien à me dire ; d'ailleurs je n'ai pas le temps de rester ici. J'ai ordonné d'illuminer l'église, les cloches vont sonner : il faut que je sois là; voyez comme je suis parée!
TOM
Ah! madame se marie peut-être ?
SARAH
Oh! non, c'est une autre cérémonie. Mon mariage se fera plus tard , quand George reviendra ; il me l'a bien promis.
TOM, a Jenny.
Emmenez votre sœur ; cette bavarde lui ferait
mal.
(Jenny et Effic rentrent dans la chambre.)
SARAH, qui a regardé autour d'elle.
C'est beau ici! cela vaut mieux que mon clocher. Ah! voici un miroir : voyons ma toilette.
LA l'HISON I) EDIMBOURG.
TOM , regardant entrer Effie.
L'instant approclie; le peuple la demande à
grands cris , on va venir la chercher, je n'y veu \ pas être, moi ; un porte-clef la leur donnera. Je m'en vais m'enfermer : au diable le métier !
(Il sort.)
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