SA R A H
Ce n est pas loi.
( Ici on voit le porte-clef introduisant un sous-officier et deux soldats par la porte de la dernière coulisse à fauche. Us traversent le fond du théâtre et entrent tous dans la chambre d'Effie. George et Sarah , sur le devant de la scène, ne les voient point passer, et le duo continue. )
SA P. AH, avec douceur.
Je l'aime trop pour m'y méprendre ; Vous n'avez pas son air si doux ; Vous n'avez pas celle voix tendre Qui disait : Sarah , m'ai niez-vous ?
GEORGE, de même.
Un seul instant daigne m'entendre !
Rappelle-toi ces jours si doux Où ton ami , d'une voix tendre , Te disait : Sarah, m'aimez-vous?
Ah!
SARAH , s écriant.
GEORGE
M'aimez-vous?
SARAH
J'ai cru l'entendre !
GEORGE
Écoute-moi !
SARAH
Cette voix tendre !...
GEORGE
Regarde-moi !
SARAH
Ces traits si doux!...
GEORGE, bien doucement.
Ah ! Sarah , Sarah , m'aimez-vous ?
(Sarah pousse un cri et tombe dans les bras de George. En ce moment , Effie sort de su chambre avec sa sœur et les soldats; en voyant Sarah dans les bras de George, elle fait un geste de désespoir; sa sœur lui montre le ciel et tout le cortège sort précipitamment pur la porte à gauche. George et Sarah ne voient rien de leur passage et de leur sortie. Le duo continue.)
ENSEMBLE, très vif.
SARAH
Ah ! c'est sa voix si tendre !
C'est lui que je revois !
C'est lui qui vient me rendre Mon bonheur d'autrefois.
GEORGE
Oui, c'est un ami tendre, C'est lui (pie lu revois, Et qui voudrait te rendre Ton bonheur d'autrefois.
GEORGE, avec instance et curiosité.
Et maintenant?
SARAH , sans l'écouter et parcourant le théâtre. Bonheur suprême !
GEORCE.
Tu me disais?
SARAH
Ah ! qne je t'aime !
GEORGE
Reparle-moi de cet enfant A qui ion amitié fidèle...
SARAH. Tais-toi !... c'est vrai... je me rappelle...
GEORGE
Eh bien ?
SARAH , cherchant ses idées.
Un instant, un instant...
( On entend sur la place en dehors.)
LE PEUPLE
Place! place! place!
Qu'elle n'échappe pas !
La loi veut son trépas.
La mort, et point de grâce !
Place ! place ! place !
GEORGE
Quels cris !
SARAH , en délire.
Les enieuds-tu là-bas ?
Cet enfant! ils voudraient l'arracher de mes bras! ( Croyant voir l'enfant.) Ah ! le voilà !
GEORGE , désespéré.
Grands dieux !
SARAH
On vient me le reprendre.
GEORGE
Son délire revient!
SARAH, à Georges.
Voyez-vous ces soldats ?
Tiens, tiens, cache-le bien, et songe à le défendre !
ENSEMBLE, très vif.
GEORGE, au désespoir.
O tourment! ô supplice Plus cruel que la mort !
0 Dieu ! sois-moi propice !
Prends pitié de uijh sort !
SARAH , en délire.
Quoi! l'on veut qu'il périsse !
1 u enfant ! quoi ! sa mort !
() céleste justice !
Prends pitié de son sorl!
LE PEUPLE, en dehors.
C'est l'instant du supplice!
Des méchants c'est le sort.
Que le sien s'accomplisse !
Point de grâce ! la mort '
<Mi>