SCÈNE X
. CANTARELLI, GOMMINGE.
COM MINCE
Que fais-tu là ?
CANTARELLI, surpris, le verre à la main. Eh !... Ah! c'est toi, mon brave Comminge? cher ami de mon cœur !
COMMINGE, lui prenant le verre et buvant. Tais-toi.
CANTARELLI, à part.
Quand je le vois , je n'ai plus ni faim ni soif.
CO.MMINGE, lui rendant le verre.
Tiens.
CANTARELLI
Merci ! Encore une goutte?
COMM1NGE
Non. Et pourtant je suis aussi las que mon cheval, qui vient de s'abattre en arrivant. Mon gosier est brûlant comme la fournaise de l'enfer. Le soleil, la poussière, la contrariété... je n'ai pu être de la chasse. Au lieu de suivre Isabelle dans la campagne toute la journée, comme le roi me l'avait permis, j'ai été retenu à Paris. Un petit innocent, un cadet de Bretagne, m'a forcé de me déranger pour le tuer ce matin.
CANTARELLI
Voyez-vous ce malhonnête! Vraiment il y a des gens d'une indiscrétion!... Et quel est le muguet que tu as perforé aujourd'hui ?
Le jeune Béville, qui sortait des pages, tu sais?... Ce n'est pas ma faute; depuis longtemps j'y mettais une patience incroyable. Je crois que Job lui-même, le patriarche de la douceur, n'a jamais été aussi bon homme avec le diable que ton ami Comminge avec l'étour-