JULIE, HENRI
nENRl. Je vous cherchais, madame...
venez , venez , daignez nie faire l'honneur d'accepter mon hras.
JULIE, se levant et lui prenant vivement la main. 13rave ! hrave et noble jeune homme !...
ni \iu. Votre cause est la mienne... on ne vous aura pas outragée impunément !
Croyez-moi, madame, vous serez vengée !
JULIE. Vengée !... malheureux!... que dites-vous? vous voulez me venger ! exposer votre vie pour moi !... Et votre mère ! votre vieille mère qui n'a plus que vous... Monsieur, je ne suis pas outragée... je n'ai rien vu , je n'ai rien entendu... l'insulte n'est point arrivée jusqu'à moi !... je par-
donne tout! j'oublie tout.... Henri , je ne veux pas !... entendez-vous?... je ne veux pas...
iienri. Madame...
JULIE. Vous ne vous battrez pas, n'estce pas? vous me le promettez !... vous me l'avez promis.
m. mu. Madame, au nom de ce que vous avez de plus cher au monde, du calme, du sang-froid. Vous rougiriez de moi-même, si je cédais à vos prières !.. Vous voyez où nous sommes... venez, montrez-vous avec cette assurance qui convient à la vertu indignement outragée! Venez, venez, madame, ne craignez rien.
JULIE. Moi, craindre... Ah! c'est à la femme, à la mère coupable qu'il convient de baisser les yeux ; mais moi, je puis lever la tête, et jeter un défi à toutes les inimitiés! Venez, monsieur le duc.
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