‹ Magasin théâtralChapitre 120 sur 1377 · MARTINE, JULIE · texte numérisé non relu

MARTINE, JULIE

JULIE. Eh bien ! ma fille n'est pas par-

tie ?

MARTINE. Non, madame, non, j'ai suivi toutes vos instructions, et je n'ai remarqué aucun préparatif de départ.

julie. Et M. le duo de Theyal,M. Préval, ne sont pas sortis ?

Martine. Non, madame, je m'en suis bien assurée.

JULIE, à elle-même Quoi qu'il arrive, je

ne puis rester au Mont-d'Or il faut que

je m'éloigne, il le faut!... Mais partir sans ma fille! me séparer d'elle!... ah ! plutôt mourir... Allons, j'y suis résolue... je verrai M. de Néris Martine, retournez

à l'hôtel Chabaury et vous demanderez à M. de Néris s'il peut me recevoir Attendez... ( A part. ) Le voir...

comment, supporter tranquillement sa présence? comment rester maîtresse de mes paroles? Non, non, il vaut mieux écrire, (y/ Martine.) Je vais vous remettre une lettre. {Elle s'assied devant une table.) Prions, conjurons-le., s'il n'a pas un cœur de bronze, il se laissera toucher... ( Elle écrit et s'arrête.) Oh ! ce ton est trop dur... je n'obtiendrais rien... Je veux être humble et suppliante, et mon cœur n'est rempli que de fiel et d'amertume... Ma main tremble.... et tout mon être frissonne de colère et d'indignation ! {Déchirant la lettre commencée.) Non, non !. .. c'est au-dessus dç mes

forces!... Cet homme, je le hais, je le hais de toute mon ame !... jamais ma fierté ne s'abaissera devant lui!... Non, je n'écrirai pas ! non , je ne le verrai pas.... Martine , laissez-moi ! . . (JMartinc sort.) Mais s'il avait

la générosité de me rendre mon Elise

Oh ! alors... oh ! oui, je saurais trouver des paroles pour lui exprimer ma reconnaissance.

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