ACTE I, SCÈNE VI
nOBIN , caché.
Oh! quelle effronterie !
PATERSON
Ah ! c'est moi qui ?...
THÉRÈSE
Vous-même.
PATERSON
Mille remerciements de la communicaiion.
THÉRÈSE
On dirait que vous êtes surpris ?
PATERSON
Il n'y a pas de quoi peut-être?
THÉRÈSE
Est-ce que votre amour se serait un peu refroidi depuis vingt ans? Oh! qu'à cela ne tienne! Amour, amitié , déférence , respect si vous voulez: cela m'est égal ; mais je veux être votre femme. Mes ordres sont donnés : le chapelain nous attend ; tout le village va venir nous prendre en cérémonie , et on apprête le souper de noce , où j'ai invité , pour vous faire honneur, les commissaires du Parlement.
PATERSON'
Mais voilà une vitesse qui ne me laisse pas le temps de respirer !
Tout est dit sur ce point.
PATERSON, s'impaticntant.
Ah çà ! mais permettez!...
THÉRÈSE
Silence!... voici une autre affaire.
PATERSON
Encore un mariage?
THÉRÈSE
Non. On va à l'instant même adjuger le château avec toutes ses terres, rentes et dépendances.
PATERSON
Oui , à l'instant.
THÉRÈSE
Fort bien. Vous allez l'acheter et le payer comptant.
robin , caché.
Est-il possible !
PATERSON , à Thérèse.
Plaît-il ?
THÉRÈSE
C'est un marché d'or. J'ai pris mes mesures ; point de concurrents ; un pot-de-vin au commissaire du Parlement, et moi , ce soir encore la gouvernante du château, demain j'en suis la dame.
PATERSON, s'emportant.
Mais vous êtes donc folle !... Tous mes biens ne pourraient payer le quart de cette acquisition !
THÉRÈSE
IN importe : on vous croit riche bien plus que vous ne l'êtes , et j'ai besoin de vous , de votre patriotisme pour éviter les soupçons et les recherches qui me poursuivraient.
PAItRSON, effrayé.
Des soupçons, des recherches?...
i ii ÉKBSE.
THERESE
Suffi I : obéissez; allez vite à cette vente.
l'A I KRSON.
Vous m'impatientez!... mais l'argent , encore un coup! l'argent?... '
THÉRÈSE, baissant la voix.
Je vous en donnerai.
PATERSON
Comment !...
THÉRÈSE
Le trésor de inilord !...
Eh bien?...
Il est à moi.
Pas possible !
Si fait.
PATERSON
THERESE
ROBIN, caché.
Nous y voilà!... l'infâme!
PATERSON, frisonnant.
Doucement, tendre amie!... vous me faites frissonner !... Oubliez-vous que le Parlement réclame jusqu'au dernier schelling de la confiscation? le commissaire fouille partout, dans les caves, les murs, les tourelles...
THÉRÈSE
Je le sais : aussi , depuis trois jours j'ai placé hors du château la cassette que j'ai sauvée...
PATERSON
Et cet or est à vous ?
THÉRÈSE
Et à qui donc ? Voulez-vous que je l'envoie à Londres suivant l'ordonnance ? A côté de tous les revenus de l'Angleterre, Cromwel a-t-il besoin de ce chétif présent?
PATERSON
Au fait!., s'il en avait besoin, ce cher ami !.. mon dévoûment serait un peu embarrassé ; mais e crois comme vous...
THÉRÈSE
Et, d'un autre côté, faut-il que nos guinées soient envoyées au jeune lord pour alimenter encore la guerre?
PATERSON , vivement.
Envoyer des fonds à l'étranger ! des subsides en France ! oh! ciel ! la loi est terrible ! on nous ferait pendre tous deux!... Allons, allons, je me résigne : la noce, le trésor, le château!... Vous faites de moi tout ce que vous voulez ! Vite , vite , voyons cette infortunée cassette.
THÉRÈSE
Oui, oui... mais prenons garde!... n'y a-l-il personne qui puisse nous apercevoir, même de loin ?
(En cherchant, elle s'approche du feuillage où est caché Iiobin et le force de fuir. )
ROBIN , en fuyant.
Ah ! mon pauvre maître ! je vais le désespérer!..
cff|a
(Le joui bai
peu ,i peu
ÉRÈSE. <6>