SCENE XI
SARA, teule, puis WILLIAM , YOIUCK , JOHN.
Ils sont partis! pauvre John ! il a bien du courage , il aimait tant Clary !
Elle reste pensive.
william, entrant et regardant sur la route. Non, Sara n'est pas avec ces gens qui s'éloignent. Elle doit être restée seule : voyons. (// descend vers la maison et l'aperçoit.) La voici ! il faut que je découvre tout.
Il l'appelle.
sara, sortant de sa rêverie.
Qui me nomme? (Avec frayeur.) William!
William , à part.
Quel trouble! (Haut.) Oui, c'est moi, Sara, moi, qui suis venu jusqu'ici bien repentant du mal que je t'ai faitsoullïir; moi, qui ai deviné tes doutes, tes inquiétudes , qui viens les détruire et te dire : Pardonne-moi, Sara; je ne te quitterai plus, je t'aimerai, ne souffre plus. Il fallait que je te visse malheureuse, (lui prenant la main) pour apprendre à me repentir.
sara, joyeuse.
Es-tu sincère, William?
WILLIAM
Oui, ma Sara. (A part.) Elle ne me repousse pas; elle ne sait donc rien! voyons ! [Haut.) Oh! tu as eu tort, Sara, de me condamner sitôt et de pousser ta méfiance jusqu'à vouloir connaître le contenu de celte lettre.
SARA
Tu sais donc?...
WILLIAM
Oui, j'ai tout découvert; mais 'e te pardonne facilement.
SARA
Ton abandon m'avait rendue folle; mon père et moi, nous voulions savoir ce que tu semblais nous cacher; mais cette lettre annonçait seulement que ce procès dont tu m'as parlé n'est pas encore achevé.
William , à part.
On leur a caché le secret; mais un autre le sait. (Haut.) Et comme ni toi ni ton père ne savez Jire , vous êtes venus ici pour en demander la lecture à...
sara, na'ivement.
A John.
WILLIAM
John ! quel est cet homme ?
sara.
John le chasseur.
Le cliasscui ! i elui qui poi le un jui>te-au-c<*jp» de buffle et sur sa toque une plume d'aigle?
SARA
Oui; pourquoi?
William , éclatant.
Malheureuse! en lui donnant mon secret lu l'a» perdu. (Il se jette sur le fusil que John a laisse appuyé contre la table.) Morta lui!
saua , courant à IVilliam.
William! arrête! que veux tu faire?
williau , hors de lui.
Laisse-moi.
SARA
Je suis seule coupable. Tu me fais frémir! Grâce î
Elle tombe à genoux el se cramponne après lui.
William , la renversant.
Adieu , Sara Yorick !
11 «'échappe armé Ju fusil.
sara , se relevant.
William! Où va-t-il? que va-t-il faire? il y avait du sang dans son regard. Où trouver John? (Apercevant Yorick qui rentre par le fond.) Ah ! mon pèrel
yorick , entrant.
Ils sont sauvés , Sara.
SARA
Et John?
Il revient bien triste.
SAUA.
Ne le quittez pas, mon père, courez
YORICK
Que veux-tu dire?
SARA, voulant l'entraîner .
William était ici tout-à-1'hcure.
yorick, épouvante.
William !
sara , folle, courant vers le fond.
Suivez-moi, mon père!
On entend un coup de fçu, elle s'arrête et chancelle. YORICK.
Qu'est-ce cela?
SARA
Plus à sa défense, mais à son secour»! mon père, à sou secours! venez. (Elle monte rapidement la sceneel recule épouvantée à la vue de John.) Ah!
YORICK
John , frappé ! (John, la chemise teinte de sang, fait quelques pas en scène et s'évanouit dans leurs bras.) John! John! la balle l'a frappé là , dans la tête... Du secours! (// tombe à genoux près de John.) Cette blessure n'est pas mortelle peut-être ! son cœur bat violemment... Mais William! il échappe, je ne puis le poursuivre... John est là, mourant... (levant les mains au ciel) il n'y a que vous, mou Dieu, qui pouvez tous venger.
FIN DU PROLOGUK.
DRAME EN QUATRE ACTES
PERSONNAGES. ACTEURS
CHARLES II, roi d'Angleterre. M. Montigny. LORD BEDFORT, gouverneur
de la Tour de Londres M. Delaistre.
LORD "WESTON, chambellan. M. Edouard.
L,ORD HENRI BEDFORT ... M. Fillion.
ALB1NUS, médecin allemand. . M. Laferrière.
LUDLOW M. DANGLADE.
LORD BROGHILL, médecin du
roi M. Pradier.
PERSONNAGES. ACTEURS
LE SONNEUR DE ST-PAUL
(48 ans) M. Francisque aîné.
RICHARD M. Fonbonne.
SAMUEL, le geôlier M. Adrien.
LADY BEDFORT (36 ans). . M">« Gauthier.
MARIE M"« Amt.
Seigneurs de la cour, Gardes, deux Médecins.
La scène se passe à Londres , en 1665. »v^\v\v\^^\^vv^vv^v\\vv^vv\v^^vv\vvvvvvvv^vvvv\A\»\'l^^\^^^\\^\\v\vvv^v\^^v^v\\\vvvv\^\^v^\^v^\^^^\\\v\\A^'^^'\\^^\v\\\^^v\v\\\\\vv^