‹ Magasin théâtralChapitre 1267 sur 1377 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LORD BEDFORT, LUDLOW, puis MARIE.

Au lever du rideau , lord Bedfort et Ludlow s'arrêtent devant la porte ouverte au fond.

LORD BEDFORT

C'est bien la maison désignée... entrons.

LUDLOW

Volontiers, car la pluie redouble.

BEDFORT

Elle est venue fort à propos; il me fallait un prétexte pour m'introduire ici.

LUDLOW

Et c'était pour m'amener dans cette misérable habitation que tu m'as fait descendre de voiture et marcher comme un manant pendant l'orage?

BEDFORT

Pour cela.

LUDLOW

Mais que veux-tu donc y faire ?

D'abord voir une jeune fille qui y demeure. ( Voyant une porte s'ouvrir. ) La voici sans doute. marie, entre pour prendre des rubans qu'elle a laissés sur une table.

Des étrangers 1

BEDFORT

Pardonnez-nous, madame, mais cette pluie soudaine nous oblige à venir demander au maître de céans un abri pour quelques minutes.

MARIE

Le maître de ce logis est absenta cette heure, mais je ne aois pas vous refuser ce qu'il vous ac-

corderait de grand cœur: prenez des siegos, messieurs, et reposez-vous en attendant que la pluie cesse.

1EDFORT.

Merci.

Ut s'asseyent.

marie , montant à la fenctre.

Ce n'est qu'un nuage qui passe.

BEDFor. r.

Oui, le ciel s'éclaircit déjà à l'horizon.

marie , à part en allant prendre ses rubans.

Ils arrivent fort mal à propos... à l'heure de

ma toilette; si Henri venait...

bedfort, la remarquant.

Aux fleurs qui sont passées dans vos cheveux et

à ces rubans que vous tenez à la main, il est facila

de voir que nous venons de vous interrompre à

l'instant où vous étiez occupée de votre toilette.

MARIE

Puisque vous avez si bien deviné, monsieur, j'ose vous demander la permission de me retirer pour l'achever.

BEDFORT

Nous serions désolés d'être importuns; pour* tant, avant de nous séparer, veuillez nous dire quel est celui au nom duquel vous nous avez si gracieusement accueillis?

MARIE

Vous êtes, messieurs, chez le sonneur de Saint- Paul.

bedfort, à part.

C'est bien cela. (Haut.) Et sans cloute vouf êtes sa fille?

MARIE

Je ne suis pas sa hiie, et pourtant je le iictnma

mon père, car Je dois toui à son dévouement , à son amour.

11 doit être bien récompensé de ses peines celui qui peut voir à ses côtés une jeune fille aussi belle que vous.

MARIE

Je ne suis pas si heureuse que vous le supposez, monsieur; mon père ne peut me voir, il est aveugle.

BEDFORT

Aveugle! (A part.) Je l'ignorais. (Haut, à Marie. ) Pardonnez-nous de vous avoir retenue si ong-temps.

Marie le salue respectueusement et rentre dans la chambre à droile.

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