SCENE I
THOMPSON, DJALLIE, NATTY, Soldats,
Hommes du Peuple.
(Au lever du rideau, les gens du peuple entourent Thompson qui est debout à une table où des soldats écrivent sur un registre. Tous s'empressent autour de lui. Natty, appuyé contre une porte, considère ce spectacle sans rien dire.) THOMPSON
\eur, le général Washington, demande des bras pour repousser ces coquins d'Anglais et délivrer le pays des habits rouges.... Qui est-ce qui veut se faire tuer pour la liberté de l'Amérique?..
TOUS
Moi!., moi!..
THOMPSON
Un instant, que diable!., quelle concurrence !
Allons, enfans, notre père à tous, notre sau- «®-° (Au soldat qui inscrit.) Insrris-les à mesure; il y
LA GUERRE DE L'INDÉPENDANCE
a place pour tous au champ de bataille , comme -Srà la gamelle.
DJALLIE.
Et de plus, j'embrasserai tous reu\ qui s'enrôlerpnt.
TOUS
Ah ! ah !
THOMPSON , s'avaiuaut pour l'embrasser.
Alors, moi qui me suis enrôlé depuis longtemps...
DJALLIE.
Allons, l'ancien , je fais ce cruel sacrifice à la liberté de mon pays.
UN HOMME DU PEUPLE
Moi, je suis prêt à partir aussi; mais j'ai une vieille mère infirme qui, sans mon travail, mourrait de faim.
THOMPSON
Ecris ça h Washington, et tanière aura de quoi manger pendant que tu battras les habits rouges. (A un autre.) Et toi tu ne pars pas aussi? tu es pourtant taillé pour aller haut... Avant trois ans, je parie que tu seras sergent comme moi.
LE JEU>E HOMME
Je voudrais bien , mais dans un mois je dois me marier.
THOMPSON
Eh bien! c'est le moment; dans un mois tout sera fini , et les Anglais paieront les violons de ta noce. Allez donc . mes enfans. (il les pousse.) C'est ça, partout ailleurs on promet des habits, des souliers et une bonne paie pour être soldats , et encore faut-il vous y forcer !. . ici on ne force personne, pas de paie, pas de pain, souvent pas de souliers!.. Tour ça, le gouvernement vous le garantit... Seulement, on dit aux Américains : L'Angleterre vous écrasait d'impôts ; on ne pouvait se marier , on ne pouvait mourir , on ne pouvait naître sans payer des droits de timbre... on ne pouvait même boire d'eau chaude sans être taxé ! Nous avons assez travaillé pour faire bouillir la marmite officielle de Georges III, roi de la Grande-Bretagne... 11 est temps que nous travaillions pour nous. Tout ce qui nous manque, nous le trouverons au camp des Anglais, qui nous l'ont pris ! Washington nous commande, marchons à la liberté! tois.
A la liberté!..
DJALLIE.
Et chacun y vient si bien , qu'on est obligé de placer des soldats pour maintenir la queue... Oh ! les braves gens ! ça fait plaisir à voir ! tous.
Vive Washington !..
THOMPSON
Eh bien ! la liste est-elle remplie , maintenant?., (il prend le registre.) Diable! il manque encore quatre personnes?.. Quoi! la ville de Philadelphie ne fournira pas son contingent?
DJALLIE.
Ah! si je pouvais devenir homme, moi qui l'ai toujours désiré! il n'en manquerait bientôt plus que trois.
THOMPSON
Allons, mes enfans, il faut me trouver quelque part les quatre hommes qui manquent.
l'.v PÈRE, entrant a\cr ses iroi* fils. Les voici !.. .l'amené nies trois (ils au général Washington; ci je me présente comme le quatrième soldat !
TOCS.
Bravo ! bravo '..
THOMPSON
C'est bien , mon ancien! Inscrivez-les tous les quatre.
DJ\ M. Il .
Us sont très bien, les trois nouveaux ; j'aurais bien mieux aime qu'ils profilassent de la permission de tout à l'heure que le sergent Thompson:
THOMPSON
Maintenant, nous sommes au complet. A ba* les Anglais! et vive l'Amérique !..
tous.
Vive l'Amérique!..
(On entend plusieurs coups de canon dans le lointain.) LE PÈBE.
Qu'est-ce que c'est que ça?
THOMPSON
Ça? c'est le brave comte de Rochambeau qui vient rejoindre le général Lafayette , et nous amène les renforts que nous envoie la France. Enfans, allez au-devant d'eux, accueillez-les comme des frères, car ils combattront aussi pour notre liberté.
TOUS
Vive la France!..
(Ils partent tous, excepté Natty et Djallie.)
ece<eesa€ieeeseiMegcisefee-e6«»sg»st»s^g<)e<>sgigg>seeegeiceeeeee«eec