ANDERSON , ARNOLD
Soyez, le bien-venu, M. Anderson... je ne vous t attendais pas si t-.î.
ANDERSON
Général, je me suis hâté d'accourir auprès de vous, pour vous prévenir de ce qui se passe, car vos ennemis ont agi sans doute dans le plus grand secret.
VRNOLD.
Mes ennemis?..; que voulez-vous dire?...
ANDERSON
Le conseil de Pensylvanie vient de dénoncer votre conduite au général Y» ashington et de porter plainte contre vous au congrès.
ARNOLD
Contre moi?
ANDERSON
Général, je vous ai parlé de vos ennemis, et il n'est rien qu'ils n'inventent pour perdre un homme. Ils accusent votre incurie pour la cause des États-Unis, votre luxe, vos dettes; ils vont jusqu'à vous présenter comme coupable de concussions et de déprédations.
ARNOLD
Les misérables!...
ANDERSON
Que voulez-vous, je vous l'ai dit bien souvent, moi, qui ne me soucie pas de perdre dans une révolution, pour le moins téméraire , une fortune honorablement acquise par le commerce : l'Amérique est une terre ingrate pour ses enfans. Écoutez, général, je vois les choses raisonnablement, et je ne puis m'empécher de comparer les deux peuples. L'on vous accuse de luxe et de folles dépenses, quand le dernier colonel de l'armée anglaise vit plus somptueusement aue vous ; on vous dit coupable pour avoir levé un impôt arbitraire, si l'on veut, et ie roi Georges vient de doubler la solde de ses généraux après qu'ils ont déjà dévoré des millions. Le roi de la Grande-Bretagne récompense toujours, les États-Unis remercient quelquefois... rare reconnaissance qui ne ruine pas un gouvernement.
ARNOLD
Attendons...