SCENE V
ARNOLD , seul.
Oui, cet argent, il me le faut; il me le faut aujourd'hui même. Qu'ils crient à l'injustice, à la tyrannie, peu m'importe, rien ne me fera dévier de ma route. Quand la révolte a éclaté dans ce pays , j'espérais qu'au milieu de ce bouleversement social ou jeterai les yeux sur moi pour me placer à la tête des Américains; voilà pourquoi j'ai embrassé leur parti t car ce n'est pas à ces mots de patrie et de liberté que j'ai obéi, mais au désir, au but de toule ma vie, le commandement et une fortune; c'est ce que je voulais ; mais un homme s'est trouvé à la traverse de mon chemin et m'a été préféré... Washington les a tous séduits par sa simplicité républicaine... il est peut-être de bonne foi, lui... mais qu'importe ? quand j'ai vu que des deux choses, l'une m'était arrachée, j'ai voulu du moins conserver l'autre. Je me suis procuré de l'or à tout prix ; cet or, le seul bonheur de la vie, cet or, qui alimente ma lutte avec Washington, je l'ai semé à pleines mains, ceux qui l'ont ramassé sont devenus mes partisans... mais tous mes revenus ne pouvaient suffire à tant de dépenses , et je suis perdu si le produit de cet impôt ne m'aide à faire honneur aux engagement que j'ai contractés, et ce jour est le dernier qu'on me laisse pour m'acquilter. Oui, c'est bien aujourd'hui le 10 septembre... et sans les secours de M. An- ,"à)»derson je n'aurais même pu fournir les à-comptes
la guerre de L'indépendance,
qui m'ont valu quelques délais. Je sois heureux . d'avoir trouvétant de dévouement chez un homme que je connais seulement depuis quelques mois, depuis que de retour d'un long voyage, il est revenu se fixer dans sa patrie... sa générosité me semblait suspecte d'abord; mais bientôt j'en i ; deviné la secret, il aime ma fille... c'est le père de miss Clara qu'il oblige... Ah! le voici luimême.