‹ Magasin théâtralChapitre 1331 sur 1377 · CLARA , NATTY, ARNOLD · texte numérisé non relu

CLARA , NATTY, ARNOLD

CLARA

Pardonnez, mon père, à mon impatience...

ARNOLD, à part.

Oh! s'il allait parler !.. (Cas à Natty.) Si tu dis un mot , tu la perds.

NATTY

Oh ! ne craignez rien , je saurai me contraindre !.. je seraf muet, s'il le faut... mais laissezmoi du moins la voir, la regarder, lire dans ses yeux qu'elle m'eût aimé si elle savait que je suis son frère, et l'appeler ma sœur, si bas... si ^bas... que mon cœur seul pourra l'entendre.

ARNOLD, ù part

Mais ces preuves... ces preuves...

Miss Clara , ce mariage auquel vous vous étiez condamnée pour me sauver la vie, votre père ne vous l'impose plus... il cousent à ee que vous épousiez ce Français qui vous- aime... ci. A H A.

11 se pourrait î

Arnold , à demi-voix.

Que dites-vous, Natty?

NATTY, de même.

N'est-ce pas là ce que vous venez de me promettre ?

ARNOLD , de même.

Mais, insensé, si je les marie, elle ira vivre en France , loin de toi, dans un pays où les préjugés sont plus impitoyables encore qu'en Amérique.

NATTY

Je vous ai déjà dit que je ne songeais plus qu'à elle et non à moi.

CLARA

Natty ! quel intérêt vous attache donc à moi, qui n'avais fait que payer ma dette ?

NATTY, vivement.

Quel intérêt! vous me le demandez?., cet intérêt... c'est que je vous aime , miss Clara , c'est que vous aime plus que vous ne pouvez comprendre.

ARNOLD , bas à Natty.

Prenez garde.

NATTY, avec des larmes étouffées.

Excusez-moi , Miss , je ne suis qu'un pauvre sauvage bien hardi d'oser vous protéger , mais comme il n'y avait personne qui vînt vous défendre , vous me pardonnerez de l'avoir fait... Je retournerai dans mes forêts... ne vous inquiétez pas de moi... je ne vous verrai plus.

CLARA

Mais mon père est inflexible !.. voyez, il est muet devant nos prières.

NATTY

Votre père tiendra tout ce qu'il m'a promis , et votre père m'a promis que vous seriez heureuse... oh ! vous le serez Miss... je vous le jure sur la tombe de not... de ma mère. (Bas à Arnold.) Ah ! je sors... je sors... car devant elle je ne pourrais plus me contenir, mais, dans une heure , je reviens avec le Français, car de près comme de loin je veillerai sur vous... croyezmoi, ne tentez pas d'être parjure... Au revoir ! au revoir , miss Clara.

(II sort.) CLARA.

Mon père, que dois-je croire?

ARNOLD , furieux.

Que voulez-vous? qui vous a appelée? que venez- vous chercher ici ? retirez-vous... et ne reparaissez pas devant moi sans mon ordre.

(Clara épouvantée sort par la gauche.)

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