SCENE I
WASHINGTON, THOMPSON, Officiers
FRANÇAIS el AMERICAINS.
WASHINGTON
Vous n'ignorez pas, Messieurs, les événemens de cette nuit. Mais, heureusement, le crime de cet homme ne peut être faîal qu'à lui seul. Arnold, depuis long-temps, en dehors de l'armée active, n'était initié en aucune façon aux s'errCts de notre nouveau plan de campagne ; le seul qui en ait eu connaissance, parles papiers qu'il avait saisis et qu'on a repris sur lui, est cet espion anglais, le major André, dont bonne et prompte justice va être faite. Allez, Messieurs, annoncez ces nouvelles à l'armée, et calmez cette agitation, cette défiance qui régnent en ce moment parmi les soldats. Dites-leur qu'il ne s'est trouvé qu'un seul traître dans toute l'Amérique, et que la perfidie est impuissante contre un pays qui combat pour sa liberté. (Plusieurs officiers sortent. A uu des autres officiers.) Colonel, rendezvous en parlementaire auprès du général Clinton ; proposez l'échange du brave Français Saint-Vallier, et obtenez-le à tout prix ; il faut qu'il nous soit rendu; l'Amérique entière dûtelle se lever pour le délivrer, car l'Amérique lui doit tout. (Le Colonel sort.) Sergent Thompson, faites donner des ordres pour que le conseil de guerre s'assemble, ici, dans une heure. (Thompson sort. Prenant une lunette et Rapprochant de la fenêtre.) Nos ennemis ne paraissent pas avoir renoncé à toute tentative de débarquement ; car la frégate anglaise, le Vultur, qu'on aperçoit de cette fenêtre, ne s'éloigne pas du rivage. Qu'on ne la perde pas de vue ; la mer, qui vient battre au bas de cette muraille, pourrait nous l'amener rapidement , si nous n'étions préparés ù repousser toute aggression. (On entend des cris lointains qui se rapprochent.) Quels sont ces cris ?.. c'est de ce côté... j'aperçois des soldats en désordre... serions-nous attaqués àl'improviste?.. (Ilamilton et plusieurs officiers entrent.) Qu'eSt-CC?.. qu'y a-t-il ?
HAMILTON
Général, vos soldats demandent vengeance de la trahison d'Arnold ; et, ayant appris que Miss Clara est encore ù West-Point, ils veulent punir ur elle le crime du général.
» WASHINGTON
Qu'entends-je?.. ils oseraient!.. Colonel, que les portes soient ouvertes; que ces soldats soient admis en ma présence; dites-leur que leur chef t les attend et qu'il est prêt à rendre justice.
(Ilamilton sort.)