‹ Magasin théâtralChapitre 172 sur 1377 · MUETTE · texte numérisé non relu

MUETTE

Comment?

marion.

Sans doute... ce mariage que vous avez préparé. {Vivent* \nt. Ne le niez pas, je sais tout... Ce mariage avec Cinq-Mars... à la chapelledes Jésuites... Henriette, d'un air ingénu. Mais j'ai cru vous faire plaisir.

MARION

A moi ! quand vous saviez combien je le redoutais... quand je vous avais confiéqu'un autre...

HENRIETTE, SOUriatll.

Vous m'avez recommandé de toujours croire le contraire de ce qu'on disait.

marion, se contraignant.

Les hommes, oui ; mais il ne fallait pas vous emparer de mes adorateurs.

Henriette, de même.

Vous m'avez dit qu'il fallait en prendre partout

marion , s' animant.

Sauf un seul, que l'on doit respecter; car il est affreux de s'attaquera une amie que l'on vient caresser.

Henriette, même jeu.

Entre femmes, point de pitié; on s'embrasse et on s'enlève un amant... C'est encore vous qui me l'avez dit.

marion, avec un mouvement.

Ah! vous avez de la mémoire.

HENRIETTE

Il faut bien avoir quelque chose.

marion, réprimant un mouvement de fureur.

Très-bien! Je vous avais mal jugée; et quand vous veniez me demander une leçon, il paraît que c'est moi qui en recevais une de vous.

HENRIETTE

Mais votre triomphe n'est pas tellement assuré que je ne puisse le changer en défaite. Ce mariage sur lequel vous comptez ne s'accomplira pas! Henriette , à part.

Comment?

marion, appuyant.

Non, madame, je n'épouserai pas Cinq-Mars ; et quant à celui que vous êtes venu chercher jusque chez moi avec une hardiesse qui m'étonne, je l'avoue ; ce n'est plus ici que vous le reverrez.

HENRIETTE, inquiète

Que voulez-vous dire?

marion , lentement.

Que, maintenantquevotreéducationesteomplète et que je n'ai plus rien à vous apprendre, vous ne pouvez vous compromettre par un plus long séjour chez Marion.

HENRIETTE, à part.

0 mon Dieu!

marion, appuyant.

Vous avez une famille, madame, qui s'alarme

LA MAllQl JSE DE SENNETERRE.

sans doute de votre absence. Vous «'-tic/si pressée de me quitter; je crois qu'il est temps d'aller la rassurer... et je ne vous retiens plus.

Henriette, aprèsunsitence.

Il suffit; je vous entends, madame; dans un instant je ne serai plus ici.

marion, avec ironie.

Sans me dire le nom de l'ennemie redoutable...

HENRIETTE, OVCC fierté.

Plus tard ; quand vous pourrez me rendre j ustice et comprendre que, malgré cette apparence de perfidie, de trahison, je n'ai jamais été coupable envers vous.

m a iu on, outrée Vous vous flattez encore de réussir?

Henriette, ayee calme.

Peut-être, car jesais votre secret, et vous ignorez le mien: c'est le seul avantage que je veuille conserver. Adieu, madame.

marion, sèchement.

Votre servante '. (Henriette s'éloigne et s'arrête au fond; Marion se croyant seule.) Quelle audace ! c'est quelque femme de la cour , quelque duchesse !

Henriette, à part, au fond.

Que va-t-elle faire ?

MARION

Pas une minute à perdre! Écoutant et courant à la fenêtre à droite ) Je crois entendre la voiture.

HENRIETTE , à part.

Une voiture! Et mon mari qui vient de ce côté! Comment savoir?... (Regardant la chambre à gauche.) Ah! elle dit que tout est permis.

Elle y court, el referme la porte sur elle. marion, regardant toujours par la fenêtre à droite.

Gaucher m'a tenu parole ; il la fait entrer dans

le jardin... elle se range près de la petite porte.

(Faisant signe.) Pas de bruit surtout; et si l'on vous

interrogeait...

Elle continue et parait iaire ses recommandations, tandis que Sennelerre entre par le lond.

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