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SCENE PREMIERE

JUNIA, priant ù V autel de ses dieux.

Pénates familiers, divinités rustiques,

Qui veillez au bonheur des foyers domestiques, Qui, protecteurs du champ, gardiens de la maison, Les défendez du vol et de la trahison, Si j'ai, chaque matin, pour couronner vos têtes, Tressé fidèlement Tache et le^ violettes, Et si j'ai, chaque automne, offert sur vos autels Les plus beaux de mes fruits, ô mes dieux paternels! Daignez vous souvenir de ma pieté sainte Et redoubler desoins autour de cette enceinte; Car, d'une longue absence interrompant le deuil, Aujourd'hui ma Stella doit en franchir le seuil. Vous vous souvenez bien de cette enfant rebelle? N'est-ce pas que déjà vous la trouviez bien belle, Avec son doux sourire, avec son front si pur, Et ses yeux qui du ciel réfléchissaient l'azur, Et ses cheveux noyant son épaule adorée, Et soulevés au vent comme une onde dorée? Ebbien! c'est cetteenfant grande et plusbelleencor, Cet espoir de mon cœur, ce précieux trésor, Qu'agitée aujourd'hui d'une vague chimère Vous confie en tremblant la terreur d'une mère.

Phœbé paraît à la porte, conduisant Stella et Aquila ; elle veut s'avancer vers Junia ; mais Stella la retient et descend doucement la scène avec Aquila, de manière à se trouver derrière sa mère.

Si vous la gardez bien, votre culte en ce lieu

Égalera pour moi le culte des grands dieux !

Alors à votre autel, outre les donatiques,

Outre l'orge et le miel, ô mes dieux domestiques,

Je verserai le vin le plus pur du cellier,

Je vous immolerai tous les mois un bélier;

Et lorsque, accomplissant le cercle de l'année,

Avril ramènera la joyeuse journée

Où Lucine permit qu'ouvrît son œil au jour

Cette fille, doux fruit d'un chasteet tendre amour,

Pour fêter sa' naissance, une blanche génisse,

O mes dieux! vous sera conduite en sacrifice!

Mais bien vite d'abord ramenez ma Stella,

Car j'ai soif de la voir...

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