STEM
Jamais ma mère Ncm'a dit la raison de ''•île absence amère; Un jour je l'ai quittée, el depuis cejour-là J'ai bien pleuré, c'esl toutcequeje sais... junia, appelant sa fille.
caligula, souriant.
Voilà pour Jupiter des mystères étranges.
JINIA.
Stella, valions cueillir les plus belles oranges Que tu pourras trouver.
CALIGULA
Tu pars?
JINIA.
Pour un moment.
Va, ma fille.
iort.
César, tu veux savoir comment J'ai pu me séparer île celte fleur chérie? C'était de crainte, hélas! qu'elle ne fut flétrie; Souviens-toi de Tibère et de ses derniers jours, Lorsque, pour réchauffer ses débiles amours, Le vieux bouc de Caprée, au seindenos familles, Parde vils affranchis faisait voler nos filles: Pouvais-je, dans ces temps de misère et d'effroi, Garder imprudemment ta sœur auprès de moi , Afin que quelque soir une barque furtive M'enlevât mon enfant errante sur lame, Et qu'un flot me rendit son cadavre plus tard Tout meurtri des baisers de l'infâme vieillard?... Mais de pareils soupçons n'étant plus alarmée, J'ai rappelé vers moi mon enfant bien-aiméc; Car, en cas de danger, maintenant elle aurait Un frère tout-puissant qui la protégerait... N'est-ce pas?
AQUILA
Un Gaulois s'en remet à lui-même Du soin de protéger la maîtresse qu'il aime, Et, sans l'aide d'aucun, j'espère parvenir A garder le trésor qui doit m'apparlenir
j irai A, effrayée.
César pardonnera ces paroles altières.
CALIGULA
Oh! de mes vieux Gaulois je connais les manières , J'aime leur parler rude : ainsi rassure-toi ; Puis ton gendre d'ailleurs est un frère pour moi... 0 femme! laisse donc, toute à tes soins vulgaires, Les homme> discourir de chasses etde guerres! Se retournant vers Aquila.
Eh bien ! mon jeune Brenn, quand Porageen cour- Avecsa forte voix gronde au-dessus de nous, (roux, A courber notre front pouvons-nous nous résoudre, Ou croisons-nous toujours nos traits avec la foudre ?
AQUILA
Toujours.
CAI.IGI l \.
l.l quand la mec, gigante.qiie lion, Terrible et fugissante en sa rébellion, Franchitdenos rochers la barrière sauvage Kt de tlni< insensés couvre notre rivage; Pour punir ses clameurs et repousser ses flots, Lui lançons-nous toujours nos hardis javelots?
AQUILA
Toujours.
CALIGULA
Et si jamais un second Alexandre, Phénix macédonien renaissant de sa cendre, Vous demandait encor quel danger pour vos jours Peut vous faire trembler, lui diriez-vous toujours Que vous ne craignez rien, impassibles athlètes, Si ce n'est que le ciel ne tombe sur vos têtes?
Toujours.
CALIGULA
Et voilà l'arc à nos mains familier, Les traits dont nousperçonsl'oursetlesanglier, Alors que nous chassons parmi nos bois antiques?
AQUILA
Hélas! nous n'avons plus nos forets druidiques I... J'étais encor enfant, quand un jour sont venus D'un pays ignoré des faucheurs inconnus, [nés, Dont les profanes mains changeant nos bois en plai- Ont comme des épis moissonné nos vieux chênes. Ils venaient, envoyés par un maître odieux, Renverser nos autels et proscrire nos dieux; Et leur haine, fertile en funestes exemples, Abattit les forêts qui leur servaient de temples. Depuis ce moment-là, non, César, hélas! non, 11 n'est plus de chasseur qui mérite ce nom; Carcen'est pointehasserqu'à quelque daim timide De loin traîtreusement lancer un trait perfide , Ou que frapper d'en bas l'aigle dont l'œil vermeil Ne pouvait pas nous voir, regardant le soleil.
CALIGULA
Pourtant de cette chasse aujourd'hui méprisée Ton adresse parfois s'est sans doute amusée , Et ton habile main sûrement enverrait La flèche droit au but où l'œil la guiderait.
AQUILA
Je crois assez souvent en avoir fait l'épreuve Pour en être certain.
CALIGULA
Donne-m'en donc la preuve.
aquila, allant à la porte.
César, ne vois-tu pas là-haut comme un point blanc, Ce cygne épouvanté que poursuit un milan? Lequel des deux veux-tu qu'en sa course j'empêche?
CALIGULA
De:
loin?
Hàte-toi
AQUILA
CALIGULA
Le milan.
aquila, visant et tirant.
Suis la flèche.
CALIGULA
Par CastOr! le. voilà qui tombe en tournoyant. Un tel coup ne se peut croire qu'en le voyant. Va le chercher.
MAf.ASIN THEATRAL.
AQUILA
J'y vais.
Il sort.
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