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SCÈNE III

Les Mêmes, CALIGî'LA, les Flamines, les Licteurs.

AQUILA

L'Empereur !

0 mon Dieu, voilà l'heure venue !

CALIGULA

Ah ! de tant de vertu la cause est donc connue? Notre pudeur le jour s'effarouche aisément, Mais la nuit s'apprivoise aux bras d'un autre amant. J'en suis aise.

AQllLA.

César, pas de soupçoninfàme:

Ce n'est pas ma maîtresse.

CALIGULA

Et qu'est-elle ?

AQllLA.

Ma femme!

CALIGULA

Alors en vain Yesta voudrait la secourir. C'est ta femme ?

AQUILA

Oui.

CALIGULA

Tant mieux ! elle pourra mourir.

AQUILA

Mourir!

stella, sur la poitrine d' Aquila.

Hélas, mon Dieu !

Mourir, et pour quel crime?

Parce que, respectant une ardeur légitime, Elle a par ses soupirs, ses larmes, sa pudeur, Repoussé de César l'incestueuse ardeur ! Auguste, ton aïeul, ce grand maître en justice, Eût mis l'apothéose où tu mets le supplice! Car il se souvenait qu'aux jours républicains Le poignard de Lucrèce a tué les Tarquins !

CALIGULA

Tu te trompes, Gaulois, César n'a point de haine, César sait trop comment réduire une inhumaine !... Il réserve le fer pour les Bru tus!... d'accord! ... Mais pour les Danaés, il fait pleuvoir de l'or! Si, prenant en dédain une faveur si haute, Celle enfant aujourd'hui n'eut commis d'autre faute Que celle que tu dis, par moi-même honorés, Et son nom et ses jours m'eussent été sacrés;

Mais un plus grand forfait l'a faite criminelle, El c'est l'impiété que je poursuis en elle.

STELLA

En moi l'impiété ?

CALIGULA

De la Gaule en ce lieu N'as-tu pas rapporté le culte d'un faux Dieu?

Tu blasphèmes, César... c'est le Dieu véritable!

CALIGULA

Prêtres, vous l'entendez... emmenez la coupable.

Punis-moi donc aussi , car ce Dieu, c'est le mien, Et depuis un instant, César, je suis chrétien.

STELLA

Ne t'avais-je pas dit que notre Dieu rassemble?

AQUILA

Que béni soit le Dieu pour qui l'on meurt ensemble !

CALIGULA

Ensemble! oh! que non pas, et César s'entend mieux, Enfant, que lu ne crois, à bien venger les Dieux !

AQUILA

Que dis-tu?

CALIGULA

Qu'à ton gré quelque autre eut fait peut-être, Mais qu'en lui turc, moi, je suis un plus grand maître.

AQUILA

Infâme !

STELLA

Au nom du ciel, mon Aquila, lais-toi!

CALIGULA

Oh! de l'art des bourreaux j'ai fait étude, moi! Et ne commettrai pas cette faute infinie De vous faire à tous deux une seule agonie : Je sais ce qu'au vivant le mourant fait souffrir, Et qu'on meurt mille fois en regardant mourir!

stella, à Aquila.

Je ne suis qu'une femme... exauce ma prière.

A q ci la.

Que veux-tu?

STELLA

Permets-moi de mourir la première.

CALIGULA

Enfant, César est bon, il l'accorde ton venu; Rends -lui grâce!

AQUILA

Stella!... mais où donc est ton Dieu?

STELLA

Silence!

AQUILA

De nos bras ose rompre la chaîne, Viens...

CALIGULA

Licteurs, séparez le lierre du chêne !

Un licteur lève sa bâche entre les deux jeunes gens. Stella recule précipitamment. Aquila reste les Lias étendus vers elle.

STELLA

Ah!

Les flamines s'emparent d'elle et les licteurs d'Aquila.

AQllLA.

Démons de l'enfer 1

M\(,ASIN THEATRAL

STELLA

Mil m ère, m a mère ! ... Ali !.. .

Ha mère, nu nom du ciel, secourez-nous'.... aquila, se débattant.

Stella !

CALIf.l I \.

Attachez cet esclave, emmenez cette femme.

AQUILA

Infâme!

CALIGULA

Obéissez.

AQL'ILA.

Infâme! ■

CALIGULA

Allez.

AQUILA

Infâme!

STELLA

Adieu donc, mon époux... adieu, ma mère, adieu; Nous nous retrouverons à la droite de Dieu!

Les prêtres entraînent Stella parla porte qui est près de la fenêtre.

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