‹ Magasin théâtralChapitre 268 sur 1377 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

PHILIPPE, LABROSSE, UN OFFICIER du pulais an fond.

LABROSSE

Quel morne abattement!

Aurait-il de ses maux perdu le sentiment?

Ou le dit ; qui le sait? si tout n'était qu'un songe, Erreur des premiers ans que notre orgueil prolonge

l'iiiuivi; ni.

Si ces mois: Dieu , vertu , n'étaient rien que îles si, parmi ce mélange et de Mens et <lc maux, [mots, I. 'espoir d'un cœur chrétien n'était qu'une chi- Cc serait effroyable, ;i maudire sanière! [mère... Non, il existe un Dieu dont les puissantes mains Ont pétri celte fange où souffrent les humains; Mais qui sait si ce Dieu, toujours bon, toujourssage, D'un regard paternel veille sur son ouvrage, Ou s'il livre au hasard, maître capricieux, Cette œuvre inachevée indigne de ses yeux ; Pourquoi non?... où parait sa constante sagesse? Ne faut-il pas qu'ici tout être reconnaisse L'empire du malheur et l'absence de Dieu? Quand la terre vomit ses entrailles de feu, La dévastation, en passant, choisit-elle La friche où croit la plante inutile ou mortelle Pour épargner le champ, trésor du laboureur? La foudre aveuglément frappe, dans sa fureur, Le pin stérile et l'arbre au fructueux ombrage; Combien dansnosjardins, sous les coups de l'orage, Combiende tendres fleurs passent avant le temps! Ainsi, mon fils chéri, tu meurs à ton printemps. Contre les coups du sort qu'a servi ton enfance? Ainsi j'ai vu tomber, comme toi, sans défense, Innocens, comme toi, ta mère et ton aïeul; Vous m'avez tous quitté, vous m'avez laisse seul . O mon fils! mon cher tils ! ù royauté llétrie! L'avoir empoisonné!... c'est une barbarie Atroce. — Chambellan , ô mon ami, venez! Qui me consolera si vous m'abandonnez?

C'est dans un grand malheur qu'éclate un grand

[courage.

THILIPPE.

Oh! lesligres! pourquoim'épargnerdansleurrage? Pourquoi sur un enfant faire tomber leurs coups? Mais si nous nous trompions! chambellan, croyez-

[vous Que la mort de mon fils ne soit pas naturelle? Que l'enfer ait produit une ame assez cruelle Pour oser concevoir, pour oser attenter...

LABROSSE

L'incrédulité même aurait peine à douter : Le crime a trop marqué son funeste passage.

PHILIPPE

Ah! cessez; à l'aspect de cette horrible image Je sens mon cœur faiblir, ma raison s'égarer ; N'était-ce pas assez d'avoir à le pleurer? Faut-il que je punisse et que je m'abandonne A la triste vengeance?

LABROSSE

Oui, le ciel vous l'ordonne:

Chercher, punir le crime est un devoir sacré; Roi, faites-vous justice!

PHILIPPE

Oui, je me la ferai Terrible! mais sur qui? Dieu vengeur, que résou- Qui médira la tête où doittomber la foudre? [dre?

Légère rumeur à la porte.

On parle... holà!

A l'officier du palais.

Quels gens sont ici réunis?

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