I.A BROSSE
Moi!
Philippe.
Vous-même? ei \ ingt fois celte image insensée, Terrible, obstinément devant moi s'est placée.
LABROSSE
Ces tristes visions, fantômes de la nuit, Repoussez-les : songe/ que le duc vous poursuit ; Il est temps d'arrêter son insolente audace ; Le danger press.-.
PHILIPPE
Eh bien, que veut-on que je fasse?
LADROSSE.
Du duc Jean de Brabant il se faut assurer.
PHILIPPE
C'est mon avis. Avant qu'il s'ose déclarer, Qu'on l'arrête.
LABROSSE
Et sa sœur; qu'ordonnez-vous 7
PHILIPPE
Marie !
Elle qui m'aimait tant et que j'ai tant chérie! Qui porta le bonheur, la joie en ma maison!
LABROSSE
Elle de qui le prince a reçu le poison.
PHILIPPE
Non , je ne puisle croire, et, malgré l'apparence, Devons-nous l'accuser avec tant d'assurance? Quel jour luit sur l'abîme où notre esprit se per.l ? Mais j'oubliais... Vernais a dû voir cet Albert, Ce vieillard qui sait tout, qui surprend dans les
[âmes Les plus coupables vœux, les plus secrètes trames ; Vernais sur ma fortune a dû le consulter, Il tarde à revenir; qui le peut arrêter?
LABROSSE
L'astrologue en effet a rendu sa réponse.
pniLipPE.
Eh bien, est-ce ma vie ou ma mort qu'elle annonce?
LABROSSE
Vernais se tait : lié par la foi du serment , Un saint devoir l'oblige à se taire.
PHILIPPE
Comment !
Que votre bonté, sire, à vos yeux le dispense De paraître et surtout de rompre le silence.
pailipi'f. , au garde du fond.
Qu'on appelle Vernais; qu'il paraisse à l'instant. Dites-lui qu'il se hâte et que le roi l'attend.
Le gardesort.
ladrosse, à part.
Nous échapperait-il?
PHILIPPE
Un saint devoir l'engage A se taire! peose-t-il me trouver sans courage ?
I Qu'il parle, dût sa voix me déchirer le cœur. LABROSSE.
Hais si quelque raison d'ordre supérieur | Auv désirs de son roi l'empêchait de souscrire?
PHILIPPE
! La meilleure raison c'est ma volonté.
LABROSSE
Sire!
Le trône est en péril, vos jours sont menacés; N'étes-vous pas assez convaincu?
PHILIPPE
Pas assez.
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