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SCENE IV

LA REINE, ADNEZ.

LA REINE

Un dernier mot : la mort est un mystère, Adnez, Qui fuit l'éclat du jour, cherche la solitude: Epargnez-moi les cris de celte multitude, Cet appareil de sang plein d'insulte et d'effroi.

ADNEZ.

J'en avais la pensée et pour vous et pour moi.

LA REINE

Adnez.

ADNEZ.

Si vous mourez, faut-il pas que je meure? Si votre ame s'envole à la sainte demeure, Faut-il pas que l'archange aux deux ailes de feu Porte à la fois mon ame avec la vôtre à Dieu ? Déjà sur l'avenir et les choses passées Ensemble nous avons exercé nos pensées, Ensemble nous avons cherché la vérité, Me laisserez-vous seul dans cette obscurité ? Me laisserez-vous seul sur cette terre immonde, Où tout reste inconnu des grands secrets du monde? 0 reine, par pitié, je demande à genoux De mourir ou plutôt de revivre avec vous; Oui, madame, au séjour des belles harmonies Dieu prendra dans son sein nos deux âmes unies; Car auprès de ce Dieu, maître de l'univers, Nous sommes tous égaux, pauvres faiseurs de vers Et monarques puissans.

LA REINE

Dites mieux : les poètes A qui Dieu confia ses missions secrètes Portent plus loin que nous leurs dominations ; Semeurs de la pensée au sein des nations, Par eux l'humanité s'échauffe et se féconde; Ces envoyés du ciel sont les vrais rois du monde! Mais, Adnez, le temps fuit, mes momens sont

[ comptés, Je vais mourir; vivez pour mon (ils; promettez...

Philippe ni.

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