ACTE I, SCÈNE V
bourse au Lycée Impérial... Ce jeune homme, c'était Raymond . voue ami... et votre camarade d'études...
LUCIEN, avec chaleur, .le sais ce que vous devez à son zèle et à ses ta!e ms... je sus que lois des lois d'indemnité, c'est lui qui i.t valoir vos droits.
CÉCILE
Qui li s Gl trio npher dans ce procès...
Ll Cl EN.
Qui commença sa réputation.
CÉCILE
Et qui changea en une brillante fortune le mo leste héritage de l'orpheline... Madame de Savenny, ma parente, consentit alors à me retirer de la pension où mon tuteur m'avait placée, et voulut bien m'emmener avec elle, ici, en Normandie, dans son château... où nous vivions la plus grande partie de l'année. Le reste du temps se passait à Paris... Et là, monsieur, dès que je fus en âge de m'établir, je me vis entourée de jeunes gens aimables et brillans, qui se disaient mes adorateurs et qui m'offraient leurs hommages... à moi, ou à ma fortune, je n'examinerai pas... Mais ce que je puis vous attester, Monsieur i c'est que, libre de choisir parmi eux, je l'aurais fait si leur mérite m'avait dicté quelque préférence... Tous m'étaient également indifTérens... Un seul, peut-être, parla quelque temps à mon cœur ou à mon imagination... sans le savoir... sans m'en rendre compte... je crus l'aimer... je l'aimais peut-être...
LUCIEN, vivement.
Et lui...
CÉCILE
Ne s'en doutait seulement pas , et n'a jamais pensé à moi! Il avait raison... tout nous séparait... je ne pouvais lui appartenir... et je ne comprends pas d'attachement possible , en r pposition avec le devoir... C'est vous dire, Monsieur, que cette chimère n'existe plus... Vous vous êtes présenté... vous avez demandé ma main... Mon tuteur m'a dit : « Monsieur Lucien » de Villefranche est mon ami d'enfance et mou » adversaire politique... Mais c'est un homme de » mérite, un homme d'honneur... Il t'aime éper- » dûment, il te rendra heureuse, je te le jure, » aie confiance en moi.) Et j'ai répondu : Mon ami, disposez de ma main... Voilà, Monsieur, comment je vous ai connu, et comment je me suis engagée à vous ; Adèle à mes sermens et à mes devoirs, je me conduirai en honnête femme, en amie dévouée, je serai digne de vous et de votre estime... je le sens... je vous le promets ! El maintenant, en échange de l'amour ardent et passionné que vous éprouvez dites vous pour moi, vous me demandez des sentimeos pareils, que vous blâmeriez, peut-être, s'ils existaient déjà ; mais que le temps amènera bientôt sans doute, et lorsqu'il en sera ainsi , je ferai comme aujourd'hui, Monsieur, je vous dirai la vérité... je vous la dirai toujours!., et maintenant que vous savez tout , croyez-vous en moi ?
LUCIEN
Oui, plus qu'en moi-même!., j'étais un insensé... j'exigeais ce que je ne puis obtenir encore, et ce que j'attendrai du temps et de mes
-#» soins!.. Pour commencer... confiance entière et
absolue; cl, quoiqu'il arrive... quoiqu'on puisse ! dire...