‹ Magasin théâtralChapitre 308 sur 1377 · ACTE I!, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I!, SCÈNE III

RAYMOND

C'était imprimé !.. et mille voix le répétaient à ma honte... Hors de moi, éperdu... je courus chesj mon père.* «Que vous le vouliez ou no;i , celte fois, lui dis-je, il faut venir, il y va de mon bonneu-... on accuse votre lils d'être un ingrat, d'être un infâme... venez?.. » J'avais ce jour là, dans mon salon, des députés , de hauts dignitaires , l'élite de la société de Paris... J'amenai mon père, je le leur présentai, et m'inclinant devant lui, je m'écriai : Dites-leur, mon père, ditesleor à tous si votre lils vous respecte et vous honore.

LUCIEN

C'était bien !.. très bien... il n'y avait rien à répondre à cela.

RAYMOND, avec ironie.

Ah! tu le crois... tu crois qu'on impose jamais silence à la calomnie... le lendemain tous répétaient (pie reconnaissant l'indignité de ma conduite , j'avais voulu la réparer par ce coup de théâtre qu'ils tournaient en ridicule... en v..in mon père proclama hautement et attesta ma tendresse et mes soins pour lui... on prétendit que ces réclamations tardives étaient dictées par moi; que j-' lavais forcé à les écrire; que la pension que je lui faisais en était le prix ; que je la retirerais, s'il parlait jamais cl disait la vérité... et maintenant , j'aurais beau dire et beau faire, les plus honnêtes g ns du monde ont celte conviction , quand on parle d'un mauvais lils, tous les regards se tournent de mon côté... ou

plutôt se détournent de moi

, que faire cervelle?.

quel j'y a<

"■S» pour vous désarmer; si je savais qu'une mesure me rendit populaire à vos yeux, je serais tenté de la rétracter! c'est voir • estime, ce sont vos éloges que je ri-doute... et approuvé par vous, | je dirais presque co unie cet Athénien que le peuple applaudissait ; Est-ce que j'ai «lit quelque sottise...

LUCIEN , souriant.

Allons, allons... le voilà comme toujours! ardent, exagéré, dépassant le but, cl allant trop loin.

RAYMOND

Je ne te ferai pas le même reproche.

LUCIEN

Je m'en félicite !

RAYMOND

Tant pis pour toi.

LUCIEN

Tant mieux ; taisons-nous , voici ta pupille. SCÈNE III.

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