‹ Magasin théâtralChapitre 31 sur 1377 · ROLLA, STEFANO, MANOEL · texte numérisé non relu

ROLLA, STEFANO, MANOEL

STEFANO. Nous séparer, Rolla ! qu'ils soient maudits pour avoir eu seulement cette pensée!

rolla. Ne crains rien...

MANOEL. Je les empêcherai d'en venir à cette extrémité... je suis touché de l'amitié que vous avez l'un pour l'autre; la résolution de Rolla me paraît inflexible, je ne la combattrai plus... je veux essayer de lui procurer du travail... Un des amisde mon maître, le marquis Appiani, est à la veille de se marier; il a fait faire les dessins d'une villa , qu'il compte offrir à sa femme en cadeau de noces, et Julio Biamante sera chargé de les exécuter^ .. on lui parlera de Rolla.

stkfano. C'est dans une villa des environs de Gènes que mon frère a taillé pour la première fois la pierre et le marbre ; le sénateur Andréa Costa nous avait pris en amitié ; s'il n'avait pas été forcé de s'exiler de Gènes pour je ne sais quelle conspiration qu'on n'a pas prouvée, Rolla n'aurait jamais manqué d'appui ni de travail; nous n'aurions pas quitté notre patrie.

MANOEL. Vous connaissiez le sénateur Andréa Costa?

STEFANO. Si nous le connaissions ! et sa fille donc, sa fille ! tu ne m'en parles jamais, Rolla; c'est mal... tu es un ingrat de l'avoir oubliée, cette compagne de mon enfance et de ta jeunesse; ange pour son ame, madone pour sa beauté !

MANOEL. Mais le sénateur Andréa Costa est venu chercher un asile à Florence; c'est sa fille Léonor que le marquis va épouser.

STEFANO. Est-il possible!., le père et la fille sont à Florence!., et depuis quand?

MANOEL. Depuis une année.

STEFANO. Depuis le même temps que nous... entends-tu, Rolla?

ROLLA. Je le savais.

stefano. Et tu n'as pas été les voir?

ROLLA. IN on.

STEFANO. Et le jour de son mariage, en marchant à l'autel, la fiancée ne nous rencontrera pas sur son chemin, agenouillés, priant Dieu pour son mari et pour elle?

rolla. Non.

MANOEL. On dirait que cette nouvelle te trou

rolla. Moi!., el par quelle raison?...

i ll< n'esl |>as sûre.

ondrais < ependant.

si pas suie, ci ois-moi !..

imî mi ii féliciter un homme

qui m'a fait du bien, sur le mariage de sa filli uis \ppiani?

manoi i.. Le ii. si noble comme

mi i ce, el riche comme un cardinal

» > m 1 -duc.

rolla. Di» qu'il en est le bâtard et qu'il

s'en vante , et , pour compléter son éloge, ajoute que Florence n'a pas encore oublié la mort prématurée de sa première femme*.

manoel. Tu l'accuserais d'un crime?

noLL\. Il y a d'autres armes que le fer et le poison!., je l'accuse de tontes les violences auxquelles peuvent conduire un caractère plein de jalousie et la certitude de L'impunité.

MANOEL.«Ceux qui sont i < légués comme nous sur les degrés inférieurs de l'échelle humaine ne gagnent rien a se mêler des intérêts et des passions qui s'agitent audessus de leurs têtes... Florence n'est pins une république ; le grand-dmc veut entourer sou pouvoir, jeune encore, d'un voile de respect et de teneur.'.', v» ille sur us discours. En somme, le marquis Appiani aime et protège h s arts; je te ferai recommander à lui.»

ROLLA. « Ecoute : j'aimeraismirux mourir faute d'un vu re d'eau quiyle le devoir à sa protection... Laisse-moi le soin «le mes affaires... et reçois cependant mes lenierciemens pour tes bonnes intentions. »

MANOEL. Adieu, Uolli, je te plains...

reliens ma prophétie : Ton inflexible orgueil te fera perdre ton dernier ami.

Il soit.

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