ROLLA, STEFANO
STEFAXO, essouffle. Tiens! tu étais enfermé?... Ali! j'ai couru... j'ai couru...
ROLLA. Tu devais passer la journée chez ton maître.
Stefaxo. Je te conseille de me gronder, regarde.
Il jette une poignée d'or sur la table.
ROLLA. De l'or !
STEFAXO. Nous voilà riches. Vois 1rs beaux ducats ; à l'effigie du grand-duc, et tout neufs! Monseigneur Corne a une tête superbe. Douze ducats, Rolla!
ROLLA. Uni te lésa donnés?
STEFAXO. Donnés? moucher ami , nous avons avantageusement vendu ton Saint- Pierre!
ROLLA. Quoi! ce vieux fripon de Salomon?...
StefaxO. Ah bien! oui! lui, tirer de ses entrailles douze ducats à la fois! C'est une histoire moins miraculeuse... Figuretoi qu'en sortant d'ici, il m'est venu une idée... je t'avais parlé du concours de la Sainte-Cécile ; je voulus voir Les premiers ouvrages qu'on y avait envoyés .. l'exposition se fait au palais Appiani... oui, tout id'ici... ce n'était pas trop me détourner... J'< ntre, i t me trouve, moi troisième, dan! i venait del'ouvrir... de
i"i id npagnons, l'un était un homme
jeun : la barbe et
1rs cheveux blancs... Voilà qu'ils se met- . statues les mus après I' . et le vieux critiquait, criti-
quait...
ROLLA. '■ -il?
\ 0 Oh ! il était fort sévère! son ami répondait mais ci,maisça, etne donnait pas de trop bonnes raisons. En6n ml le meilleur ouid le vieux se récrii loui
I i i mon
Çt où poi i mon ami?—- Monsieur.
pour un homme de votre Tige, il me paraît que vous avez le jugement faible. Comment voulez-vous que je me charge, moi, d'unt statue i n m .. i ind ui n
relie? — Je ne parle pas de la Sain cile, me d un ton bouri u , je
parle de ce pi til Saint-Pierre en bois que tu as sous le bras! — Ah ! ah ! le S Pierre? je le porte chez un marchand. — Veux-tu me le vendre ? — Pourquoi pas? Et alors, prenant la statuette dansses mains, « Tenez, monsieur le marquis, dit-il à son compagnon, vous que le grand-duc a chargé de la direction suprême des beaux-arts, et qui devez réunir dans ses muséts des morceaux de toutes les époques, ne manquez pas celui-ci; c'est du plus beau temps de l'art gothique ! une sculpture détachée de quelque vieille chapelle! » L'autre se met à renchérir sur ces louanges,* t finalement me demande leprix dv. Saint-Pierre . Tu juges si je mourais d'envie de rire depuis le commencement de la dissertation ! je ne pus garder plus long-temps mon sérieux. « Je plains le graud-duc, messeigneurs, s'il n'a pas de meilleurs antiquaires! je ne veux pas être soupçonné d'un sacrilège, et d'ailleurs la probité avant lont ! Mon Saint-Pierre n'est pas tout-àfait aussi vieux que vous le supposez, il n'est achevé que depuis deux heures. C'est un pastiche!» — Ils se regardèrent d'un air mystifié. Le jeune homme prit son parti de bonne grâce et se mit à rire aussi fort que moi ; l'autre était de mauvaise humeur. .> Un pastiche ; c'est vrai ! je le vois maintenant; mais c'est égal, le sculpteur a du talent. Son nom?» — J'ai répondu que c'était un secret; le jeune homme m'a donné sa bourse, je l'ai prise en faisant la révérence .et .sans compter. Et me voilà.
ROLLA. Cette bagatelle ne valait pas douze ducats.
STEFAXO. Il fallait peut-être les refuser?
rolla Non... aufait! tu leur as dit?... {A lui-même.} Je ne puis rester en place. Ma tète brûle... j'ai besoin d'air. D'aiije n'ai pas de temps à perdre : allons commander l'appareil, les ouvriers qu'il me faut... et voir les statues exposées. Je n'aurai pas la réponse de Léonor avant une heure ; c'est assez de temps pour reconnaître mes adversaires. . .
STEFAXO. Tu prends l'argent?
rolla. J'en prends la moitié. Adieu!
nt-Pierre est d'un heureux e.
stefaxo. Pour le succès de la Sainte- Cécile ?
LE CHEF-D'OEUVRE INCONNU
rOllx. Et d'où sais-tu que j'ai fait une S.iinle-Ct Vile?
STi'.iwo. Tu exposerais! tu exposerais!
est-il possible ?
ROLL.t. Patience! aujourd'hui même je te il irai tout.
Il l'embrasse et soit par le fond.