ALPHONSE, POLICASTRO, BÉATRIX
BÉATRIX, à paît.
Connue il parait ému! sou désespoir me glace.
LA PRINCESSE AURÉLIE. ACTE J
ALPHONSE, à part.
Elle est loin de prévoir le coup qui la menace. (Haut.)
Après un an d'exil, madame, il est permis D'éprouver quelque trouble auprès de ses amis.
BÉATRIX
Comte, j'en puis juger par celui qui m'agite, Et c'est presque en tremblant que l'on se félicite.
POLICASTRO
Quel spectacle touchant, et que je suis heureux Du plaisir qu'à vous voir vous goûtez tous les deux !
Oui, quelque changement qu'un an d'absence amène. . .
ALPHONSE
Bien qu'on semble moins tendre et qu'on écrive à peine
BÉATRIX
N'importe, il est bien doux...
ALPHONSE
Sans doute, on est charmé De voir ceux qu'on aimait...
BÉATRIX
Et dont on fut aimé.
( Au docteur. ) Venez à mon secours.
ALPHONSE, au docteur.
Tirez-moi donc d'affaire , Sans rien brusquer pourtant.
POLICASTRO, bas à Alphonse.
Allons, je vais le faire.
(Haut.)
Complimentez madame ; à ses pieds un contrat Fixe le plus galant de nos hommes d'État , Sassane, et vous avez le charmant avantage D'apprendre en arrivant son prochain mariage. ALPHONSE.
Quoi ! vous?... J'en suis ravi, madame, assurément.
(A part.)
Les femmes î
POLICASTRO, à Béatrix. Il a droit au même compliment :
La baronne d'Elma vivait dans la tristesse , Il va la consoler en la faisant comtesse.
BÉATRIX
Ah ! j 'en suis... Tout le monde en doit être enchanté.
( A part. ) Et moi qui m'effrayais de sa fidélité !
POLICASTRO
Vous ne dites plus rien ?
ALPHONSE
J'en aurais trop à dire.
BÉATRIX
J'aurais trop à me plaindre.
POLICASTRO
Alors il faut en rire.
BÉATRIX, à Alphonse en souriant.
Voulez-vous ?
ALPHONSE, riant aussi.
Volontiers.
POLICASTRO, qui rit auv éclats.
Eh bien ! rions tous trois.
Sans se donner le mot , se guérir à la fois ! Voyez quel embarras pouvait être le vôtre, Si l'un était resté plus fidèle que l'autre. C'est un coup de fortune, et ceci vous fait voir Combien l'on a souvent raison sans le savoir. BÉATRIX, tendant la main à Alphonse.
Comte, je vous pardonne.
0 bonté sans égale !
POLICASTRO
Mais chut ! voici la cour.