‹ Magasin théâtralChapitre 407 sur 1377 · LE DUC DE SORRENTE · texte numérisé non relu

LE DUC DE SORRENTE

Que de bonté !

AURÉLIE

Marquis , Votre fêle d'hier était d'un goût exquis : Rien de mieux entendu que ce bal sous l'ombrage. Tout m'a semblé charmant.

LE MARQUIS

Pardonnez , si l'orage...

AURÉLIE

Que voulez- vous? du temps on ne peut disposer.

LE MARQUIS

Votre Altesse a daigné...

AURÉLIE

J'ai daigné m'amuser.

Vous avez fait honneur à votre présidence, Et combattu le luxe avec une éloquence, Grand juge!...

LE GRAND JUGE- Mon discours?...

AURÉLIE

Admirable, accompli; Au point qu'en parcourant vos jardins d'Éboli , J'y rêvais... Le beau lieu ! ces marbres , ces antiques , Quels trésors! Vous avez des jardins magnifiques.

ALPHONSE, à part.

Pas un seul mot pour moi !

Que dit-on à la cour , Béatrix? contez-moi les nouvelles du jour.

béat r, IX.

Des princes d'Amalfi la brillante héritière, Si vaine de son rang , de son titre si fière : Votre Altesse va rire ; elle épouse , dit-on , Un homme de néant : quelque mérite , un nom ; Mais on la blâme...

AURÉLIE

En quoi ? pour quels torts ? Est-ce un crime D'immoler son orgueil à l'amant qu'on estime? Ce choix , que je connais , ne peut faire un ingrat ; Je l'approuve , et demain je signe le contrat. Ayons de l'indulgence : honorer ce qu'on aime, Comtesse , quelquefois c'est s'honorer soi-même.

BÉATRIX

J'avais tort; tout estbien, vous approuvez leurs nœuds,

AURÉLIE, àPolicasIro.

Quel temps, docteur?

POLICASTRO, qui observe la princesse.

Madame, un temps...

AURÉLIE

Un temps?

POLICASTRO

Douteux.

AURÉLIE, Mon Dieu ! de mille soins j'ai la tête accablée... Je voulais sur le golfe... Ah ! je suis désolée !

Un admirable temps pour respirer le frais : Point de soleil , de pluie ; un temps fait tout exprès. AURÉLIE.

Je pourrais retarder le conseil de régence ?

POLICASTRO, gravement.

Dussiez-vous m'accuser d'un peu trop d'exigence, Il le faut.

BÉATRIX

Oui , vraiment.

AURÉLIE

Si vous le voulez tous , J 'y consens. Eh bien donc ! messieurs , préparez-vous.

(A Béatrix.)

Il faudra ce matin chercher les barcarolles

Dont le docteur hier nous donna les paroles;

Ma guitare , comtesse , est si bien dans vos mains ;

Vous me répéterez vos airs napolitains.

Allez, messieurs; la mer effraie un peu les femmes:

Je saurai gré pourtant à celles de vos dames

Qui , sur la foi des vents prêtes à tout oser,

Au naufrage avec moi voudront bien s'exposer.

(Toute la cour sort par le fond.) ALPHONSE , à part.

Rien, rien! que de froideur! Ah! je suis au martyre.

AURÉLIE, à Alphonse avec sévérité.

Comte, j'aurai plus tard quelques mots à vous dire. (A Béatrix.)

Venez , et vous , docteur , passons dans les jardins. (Tout le monde sort.)

nu*»**»***»******» <•.♦****»**+*♦**»*+**♦*♦♦♦*♦♦+**♦»***♦♦***♦*♦♦

Page 1