ALPHONSE, AURÉLIE
ALPHONSF.
Votre Altesse...
AURÉI.IF.
J'ai dû presser votre retour, Comte; on se plaint de vous : je m'afflige et m'irrite Qu'un homme dont mon père estimait le mérite,
LA PRINCESSE AURÉLIE
D'un dévouement connu, d'un nom si respecté, Ait donné quelque prise à la malignité.
ALHIONSE.
J'étais trop malheureux pour redouter l'envie ; Et c'est moi qu'on outrage : on veut noircir ma vie ! ! Moi, vous trahir ! comment ? de quoi m'accusc-t-on ?
AURÉLIE
I Ce n'est pas tout à fait de haute trahison ; I Je ne l'aurais pas cru ; mais d'un défaut de zèle. ALPHONSE.
Votre Altesse n'a pas de sujet plus fidèle , Plus ardent , plus zélé.
AURÉLIE
Je l'ai cru jusqu'ici, Mais j'ai lieu de penser qu'il n'en est plus ainsi. Ce dévouement vous lasse; un sentiment contraire, Des devoirs qu'il impose est venu vous distraire. Quels sont-ils? et pourquoi faut-il vous en parler? Mais à qui les oublie on doit les rappeler. Hâter les armemens que le conseil prépare, Surveiller les travaux de nos forts qu'on répare, En établir les plans, exercer le soldat , Placer des corps d'élite aux confins de l'État , Tels étaient ces devoirs.
ALPHONSE
Madame, je vous jure Que je les ai remplis.
AURÉLIE
Cependant on assure Que votre cœur troublé de soins moins importans, Pour vous en occuper vous laissait peu de temps.
De quels soins parle-t-on ?
AURÉLIE
Je ne veux rien connaître; Des penchans de son âme on n'est pas toujours maître, Et ce sont des secrets que j'aurais ignorés , S'ils n'avaient compromis des intérêts sacrés.
ALPHONSE
Permettez qu'à vos yeux ce cœur...
AURÉLIE , sévèrement.
Monsieur le comte, C'est de vos travaux seuls qu'il faut me rendre compte.
(Elle s'assied.) ALPHONSE.
J'obéis. Nos soldats, divisés en trois corps, De Nota sur trois points protègent les abords. Aux défilés des monts j'en ai placé l'élite... AURÉLIE.
Ah ! près d'une villa qu'une baronne habite.