SCÈNE IV
POLIGVSTRO, AURÉLIE, BÉATRIX.
AURÉLIE, au docteur qui la conduit.
Quoi ! tous les trois , docteur, et vous me l'assurez ?
TOLICASTRO.
J'ai su ce grand complot d'un des trois conjurés.
BÉATRIX, courant au-devant de la princesse. On conspire, madame?
AURÉLIE
Ah ! vous voila , peureuse !
rOUCASTRO , arrêtant la princesse qui fait quelques pats vus Béalrix.
Toute commotion pourrait être fâcheuse :
Doucement !... Quel effroi tout à coup j'éprouvai , Madame , quand chez moi le comte est arrivé , Me pressant de partir, éperdu, hors d'haleine, Tremblant pour Votre Altesse, et pâle. . . il faisait pei ne, Dans un état...
AURÉLIE, vivement.
Il souffre et vous l'avez quitté!
Mais courez donc !...
POLICASTRO
11 est en parfaite santé.
AURÉLIE
Le singulier effet d'une terreur profonde !
Quand on acraintpour soi , l'on craint pour tout le monde !
N'est-ce pas Béatrix , on est faible?
BÉATRIX
Oui, vraiment.
(Au docteur, en riant. ) Mais puisque la pâleur est un signe alarmant , Comment va le marquis ?
AURÉLIE
Votre gaieté m'étonne.
A quelque chose au moins je veux qu'elle soit bonne ; Allez et montrez-vous : que cet air satisfait Répare un peu le mal que vos récits ont fait. Consolez nos sujets, et dans la galerie Rassurez cette foule inquiète , attendrie. Leur visage , où j'ai lu l'événement du jour , Est encor tout défait et presque en deuil de cour.
BÉATRIX
J'y vais.
AURÉLIE , à Béatrix qui reste.
Eh bien !
BÉATRIX
Madame a quelque chose à dire?
AURÉLIE
Oui.
BÉATRIX
Des secrets d'État ?
AURÉLIE , avec douceur.
Laissez-nous.
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